La légende de la sorcière des Bell trouve naissance dans une série de faits étranges survenus dans le Tennessee au XIXème siècle. Une famille aurait subi les assauts d'une force maléfique, s'en prenant particulièrement à une des filles avant de causer la mort du patriarche. Des événements confirmés par de nombreux témoins et qui, au fil des décennies, aura nourri le folklore américain et donné lieu à une multitude de spéculations, même si certains psychanalystes pensent que ces manifestations trouveraient leur origine dans une affaire d'inceste impliquant le père et sa jeune fille.
Tâcheron invétéré coupable de l'ignoble adaptation de Donjons et dragons, Courtney Solomon se charge donc de mettre en scène cette légende avec tout le tact qu'on lui connait. Ouvrant et clôturant son film en dépit du bon sens par des séquences contemporaines uniquement là pour faire genre, le "cinéaste" parvient quand même à rameuter des comédiens chevronnés comme Sissy Spacek et Donald Sutherland, leur vendant sûrement une prestigieuse production en costumes.
Dommage pour eux (et surtout pour nous), American Haunting s'avérant catastrophique du début à la fin. Affreusement cheap et torché n'importe comment, incapable de la moindre tension ou du moindre effroi, le film de Solomon s'avère d'une mollesse incroyable, et nous plonge rapidement dans une profonde torpeur.
Balançant à tout va des effets de montage risibles et des jump scares éculés, Courtney Solomon se contente de livrer un ersatz puant et fauché de The Exorcist, filmant sans conviction les contorsions timides d'une Rachel Hurd-Wood peinant à marcher sur les pas de Linda Blair en beuglant comme un phacochère. Pire, American Haunting se permet dans son final de traiter d'un sujet extrêmement grave avec une désinvolture proprement scandaleuse. A éviter.