🎬 Amityville 4: The Evil Escapes (1989)
Avec ce quatrième opus, la saga Amityville entame une mutation définitive. Exit la maison maudite comme personnage central : désormais, c’est un objet possédé qui transporte le mal ailleurs. Et ici, c’est… une lampe.
L’introduction est à la fois absurde et fascinante : après un exorcisme raté dans la célèbre maison, une lampe au design douteux devient le réceptacle du mal, avant d’être vendue dans un vide-grenier et expédiée en Californie. Voilà le prétexte pour faire voyager la malédiction — et inaugurer ce qui deviendra le Amityville-verse des objets hantés.
Le film, produit pour la télévision, en porte toutes les marques : réalisation sage, effets spéciaux limités, jeu parfois excessif. Pourtant, il se dégage de l’ensemble une ambiance particulière. Peut-être grâce à la maison victorienne en Californie, plus lumineuse mais pas moins sinistre. Ou grâce à la présence de Patty Duke, qui apporte un certain poids dramatique au rôle de la mère de famille.
Les événements étranges s’accumulent : la lampe influence les comportements, cause des accidents domestiques, communique avec la plus jeune des enfants… L’idée est kitsch, mais elle est assumée. Et si l’on accepte le concept, on peut y voir un petit plaisir coupable, à la frontière du soap et de l’horreur domestique.
Personnellement, Amityville 4 marque pour moi le début d’une autre saga : celle des objets maudits, plus éloignée de l’horreur psychologique du début, mais pas dénuée d’intérêt.
Ce n’est ni effrayant, ni vraiment profond, mais c’est curieux, étrange, presque expérimental par moments. Et dans son absurdité assumée, il laisse une petite trace, comme un vieux téléfilm qu’on regarde un soir de pluie, entre malaise et nostalgie.