Avec Angèle, Marcel Pagnol reste fidèle à ses thèmes de prédilection : l’enfant illégitime, l’honneur du père, et l’amoureux sincère, véritable gentleman au cœur pur. On retrouve ici tout l’univers moral et humain du cinéaste, entre drame rural et tendresse provençale.
Pourtant, l’émotion, si chère à son cinéma, se fait cette fois plus discrète. Le film touche, certes, mais ne bouleverse pas autant que les grandes œuvres qui suivront. Fernandel, encore au début de sa carrière, laisse entrevoir tout son potentiel comique et dramatique — il progressera vite et brillamment dans les années à venir.
Orane Demazis, quant à elle, incarne une Angèle touchante mais un peu excessive ; son jeu, parfois appuyé, atténue la justesse du propos. Reste la plume de Pagnol, toujours aussi savoureuse : les dialogues chantent, pleins de verve et d’humanité.
Angèle est donc un beau film, imparfait mais sincère, qui pose les fondations de l’univers pagnolesque à venir — celui où la vie, l’amour et la fierté se mêlent sous le soleil de Provence.