Le film est à l'image de son personnage, névrosé. Ça donne beaucoup de bon, mais ça révèle aussi des défauts.

Déjà, je trouve le film assez drôle. J'aime bien l'humour de personnages, de tirades. Et un bon dialogue peut vite m'emporter. Le tout à très bien vieilli dans son ton (sauf la blague sur les jumelles de 16ans mais connaissant le bonhomme, rien de surprenant à y voir une petite blague pédo), complètement excessif et inconsistant.

Le récit est complètement déstructuré et c'est finalement beaucoup moins important que le texte pur, les dialogues. De plus, c'est parfaitement à l'image du couple et des personnages puisque le tout donne un côté réaliste assez touchant dans cette relation qui se déroule, avec ses hauts et ses bas, sans jugements.

De plus, le bordel ambiant correspond parfaitement à ce connard égocentrique de 40 ans, en pleine névrose. Le film va parler de beaucoup de choses, toutes jetées là, de manière instinctive. On y parle de New-York (ville qui correspond parfaitement à cette excitation ambiante, dans le bon et le mauvais). D'amour, de sexe, de la mort et surtout de sa place en tant qu'individu.

En ça, le film échoue parfois à rendre quelque chose d'intelligible et fini par proposer un mélange gluant de narcissisme qui dépasse l'écran. On ressent à quel point il se pense intelligent à chier sur tout le monde et la caricature marche pour la société qui y est dépeinte dans le film, mais reste bien trop sage quand à son propre jugement. Ça reste un parti pris réussi dans l'ensemble, mais difficile de ne pas parfois être agacé plutôt qu'amusé.

Ça se retrouve dans la mise-en-scène. C'est très posé et laisse plein de place au dialogue. Le tout en proposant pleins d'idées visuelles (les flashbacks qui se mêlent au présent, la double focale au début, le cadre qui prend de la place pendant le repas, le brisage du 4e mur, les pensées en sous-titre, le moment cartoon, etc.) originales mais parfois un peu lourdes (à l'image de l'écriture).

Même si pleins de choses ont pu me perdre dans le film et son ton (ce côté intellectuel anti-intellectualisme), ça reste vraiment réussi dans cette envie de représenter une relation amoureuse dans un réalisme textuel précis et drôle.

Samosass
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