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Après une belle série de ratés cinématographiques, débarque enfin le film Netflix le plus prometteur. Un projet SF avec Nathalie Portman, par un jeune réalisateur dont le premier film Ex Machina avait eu un succès remarquable. Qu'en est-il? Attention je spoile.

Un truc venu de l'espace s'écrase sur Terre. Du point d'impact s'est formé un dôme opaque qui grandit de plus en plus. Tous les hommes qu'on a envoyés à l'intérieur ne sont jamais revenus. Sauf le mari de Nathalie Portman, mais il se comporte de manière très chelou en plus d'être mourant.

Comment est-il revenu? On ne sait pas. Nathalie Portman est rapatriée dans une base proche du dôme. Au bout de quelques jours, elle rencontre d'autres nanas dans la base. Portman est la biologiste, il y a aussi une psychologue, les 3 autres je ne m'en rappelle pas alors que j'ai vu le film il y a moins de 15 heures. Mais en tout cas, y'en a une qui est intelligente et une qui est lesbienne. Portman décide de cacher à ses nouvelles copines que le survivant est son mari. Pourquoi? On sait pas. Ensemble, elles vont former un crew et s'aventurer dans le dôme. Le but étant d'atteindre le point d'impact. Pour y faire quoi? On sait pas. C'est jamais expliqué clairement. Prélever des échantillons, supposerons-nous. Mais dans ce cas pourquoi aller jusqu'au centre? Ne serait-il pas moins risqué de rester en périphérie pour augmenter les chances de revenir à la base?

On n'en est qu'au début mais je commence déjà à soupirer.

On a donc une troupe Girl-Power sans aucun entrainement militaire (seule Portman a été soldat auparavant), aucune préparation physique, ni de connaissance de survie en milieu hostile... Et elles partent avec leur fusil d’assaut qu'elles ne savent pas utiliser et leur barda de 40 kilos sur leurs petites épaules. Elles pénètrent dans le dôme sans pression, sans préparation et même sans motivation réelle. A la limite, Portman veut découvrir ce qui est arrivé à son mec. Mais les autres, rien. Même la mise en scène est foireuse. Y'a aucune tension quand elles franchissent le dôme. Sérieux, on dirait qu'elles s'en foutent complètement.

Une fois à l'intérieur, on pense qu'on va rentrer dans le vif du sujet. Le premier "événement" est digne d'Anaconda (oui, le film pété avec Jennifer Lopez et un serpent géant), sauf que là c'est avec un gros croco. Une des nanas est attaquée, puis sauvée. Suite à quoi les meufs trouvent des barques qu'elles utilisent pour traverser un marais. Oui, juste après avoir été attaquées par un énorme crocodile. Là on comprend qu'on a à faire à un énième film écrit avec les pieds, qui sacrifie la cohérence de son scénario pour créer des péripéties nulles. Était-ce trop compliqué de d'abord les faire traverser le marais et ensuite se faire attaquer?

On devrait avoir:
"On trouve une barque -> On traverse le marais -> On se fait attaquer par un croco -> On continue à pied"
Personnages intelligents faisant preuve de bon sens, interagissant avec leur environnement et prenant des décisions, récit cohérent donc crédible, augmentant l'implication du spectateur.

On a:
"On se fait attaquer par un croco -> On trouve une barque -> On traverse le marais rempli de croco"
Personnages débiles, récit facilitant les péripéties de merde, spectateur qui soupire.

Suis-je un génie? Pourquoi les scénaristes font ça? Est-ce qu'il n'y a que moi que ça dérange? Le film est truffé de trucs de ce genre et cet exemple est loin d'être le pire. Ça fait qu'on s'en fout de ce qu'il se passe. Arrivées dans une ancienne base, elles s’arrêtent pour la nuit. Une des nanas monte la garde seule dans une petite cabane qui ressemble à un stand de vente de limonades pendant que les autres dorment en hauteur à l'abri dans un mirador accessible via escalier. Relisez cette phrase. OK? OK. On entend du bruit. Les meufs descendent du mirador où elles étaient en parfaite sécurité pour voir ce qui se passe. Une créature en CGI surgit. Péripétie de merde. Une personne morte.

Dans cette base, ou une autre je sais plus, les meufs trouvent les affaires de l'équipe précédente, celle du mari de Portman. Elles trouvent une vidéo sur laquelle on peut les voir à l'oeuvre en train d'ouvrir le bide d'un de leur collègues, révélant qu'il a une sorte d'énorme ver qui se ballade à l'intérieur de lui. La réaction d'une des nanas "c'était un effet d'optique". Euh OK... sauf que tu peux te permettre ce genre de réplique uniquement quand c'est un truc que tu as vu en direct. Là c'est une vidéo, tout le monde l'a vu, tout le monde peut la revoir.

Cette même meuf, qui n'a contribué en rien pour le moment, décide qu'elle veut faire demi-tour mais ses copines ne veulent pas. La nuit suivante, elle parvient à les attacher toutes les 3 sur des chaises. Comment a t'elle réussi cette prouesse? Magie. Là on découvre qu'elle a capté que le survivant était le mari de Portman et le film essaie de mettre un peu de tension. Sauf que, qu'est-ce qu'elle en a à foutre que ce soit son mari? Qu'est-ce que ça change aux enjeux/motivations des personnages? Rien. Tension factice donc basée sur une pseudo-trahison imaginaire. C'est à cet instant qu'intervient la seule bonne idée de mise en scène que j'ai pu observer dans ce film. La scène avec l'espèce d'ours mutant dont le cri imite une femme en détresse. Bon après perso, j'avais déjà vu une idée similaire dans un autre film (The Ruins) mais c'était bien foutu. Ça reste quand même 100% factice et une péripétie de merde. Deuxième personne morte.

Une autre nana meurt en se transformant en plante. J'ai pas compris mais c'est poétique car les fleurs c'est beau. D'ailleurs les plantes à silhouettes humaines, c'est les anciens soldats envoyés? Je croyais que la forme de vie imitait son hôte? Genre la scène avec l'espèce de chevreuil qui sautille et son double mutant extra-terrestre qui le colle comme son ombre. Par contre les plantes elles, elles fusionnent au lieu de créer un double? Après tout, le croco il était juste plus gros avec des dents en extra. Pas clair. Bref, morte.

Dans sa dernière demie-heure, le film épate autant qu'il patauge. Arrivée au point d'impact, la psychologue a un orgasme cosmique et se transforme en kaléidoscope. Visuellement c'est le feu d'artifice. Mais ce que je retiens surtout c'est cette scène dérangeante avec la créature qui imite les gestes de notre héroïne. Le temps suspendu, je me suis surpris à penser "Que ferai-je dans cette situation?". C'est le genre de moment de cinéma ou ça devient réel, où t'es à fond, en train d'analyser et de scruter l'écran pour voir ce qu'on te montre, et où tu sens que tout est possible mais que ça ne tient qu'à un fil. Bon au final c'est assez simple, elle ramasse une grenade et lui donne. Pas très épique mais ça marche. Et la tout prend feu. Tout. Oui tout. La créature, les arbres etc... Pourquoi? On sait pas. La forme de vie s'auto-détruit? Si oui, pourquoi? On sait pas.

Portman rentre à la base. Se fait questionner par des mecs protégés portant combinaisons et masques. C'est à se demander s'ils n'ont pas fait exprès d'envoyer des meufs un peu teubé au casse-pipe dans l'espoir d'en voir au moins une revenir infectée et l'analyser. C'est le seul truc qui donnerait du sens à tout ce bordel, mais ça n'en ferait pas un grand film pour autant.

Un truc a capté mon attention assez tôt dans le film, il y a énormément de plans où la caméra film à travers quelque chose. Au début chez Portman, on voit les mains de son mari à travers le verre d'eau quand il revient. Dans un flashback, on peut voir Portman déposer une sorte de drap transparent sur le lit / la caméra quand elle s’apprête à peindre. Énormément de plans à travers des vitres dans la base où elle se fait interroger. Un plan à travers un rideau d’hôpital translucide quand elle va voir son mari. Y'en a peut être d'autres. Tous ces voiles que le réalisateur met entre nous et ce qu'il filme, semblable au voile du dôme, j'ai beau essayer les traverser du regard, je ne vois rien derrière. Au moins l'alien lui il à réussi à traverser la couche d'ozone.

J'ai pas tout énuméré. Les meufs sont rentrées dans le dôme sans masques alors qu'on voit à l'oeil nu que l'air est opaque. Elles font des prélèvements sans gants. J'ai pas parlé des flashbacks qui annoncent dès le début du film que les nanas meurent toutes sauf Portman, donc zéro suspens. J'ai pas parlé non plus du twist, qui n'en est pas un puisqu'il ne change rien à l'histoire.

Oui, c'est joli cette espèce de bulle de savon géante, ces lens-flare et ces reflets multicolores, mais on est loin de la claque visuelle. Mais surtout, c'est bien trop faible pour remonter le niveau de ce film aux personnages stupides et au scénario qui se contente du minimum.

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