Anora
7.1
Anora

Film de Sean Baker (2024)

Sexe, vodka, mépris de classe et illusions perdues.

Sexe, vodka, mépris de classe et illusions perdues. Entre romance noire et comédie sociale frénétique, dérives d’une oligarchie décomplexée.

Tout à la fois, Anora est une comédie euphorique, une romance, un drame et une satire du capitalisme au sein d’une Amérique corrompue par l’argent de nouveaux milliardaires. Un film d’une énergie folle, explore la réalité sordide du monde de la nuit ( cela dans un enchaînement de scènes de danse et de sexe ) et le luxe décomplexé et immoral des oligarques qui se croient tout permis. Le film dévoile entre autres la question de la prostitution légale aux États-Unis, l’instrumentalisation du corps par des hommes fortunés dont le seul intérêt dans l’existence est de céder aux plaisirs faciles et au consumérisme. Ivan est un de ceux-là, fils d’un oligarque russe, il ne connaît que la société du plaisir facile, le luxe, les fêtes orgiaques. Un éternel adolescent. Face à lui, dans une incarnation spectaculaire, le personnage Anora semble mener la danse. Elle est belle, lumineuse et comme beaucoup de jeunes femmes dans sa situation, elle travaille dans une boite où elle exhibe son corps, excite les hommes par des danses suggestives. Lorsque le jeune russe la séduit et propose par caprice de l’épouser, le film tourne à l’histoire d’amour improbable. Pour Anora un espoir insensé. Jusqu’à ce moment, le film diffuse une énergie monstre, un rythme endiablé et bientôt devient une sorte de thriller déjanté lorsque les parents du jeune homme russe envoient leurs hommes de mains pour annuler les noces. Le film vire alors à la comédie burlesque et chaotique avant l’émotion profonde de la toute dernière scène où se délite le conte de fées d’une bouleversante Anora.



cathVK44
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Films vus au cinéma 2024., Les meilleurs films de 2024 et Les meilleures Palmes d'or

Créée

le 4 nov. 2024

Critique lue 119 fois

cathVK44

Écrit par

Critique lue 119 fois

6

D'autres avis sur Anora

Anora

Anora

4

canutins

11 critiques

la Reine des neiges et la citrouille

C'est l'histoire d'une fille qui rêve d'être Cendrillon. Qui aurait pu croire que les carrosses se transforment toujours en citrouilles bien avant minuit quand le prince charmant est un oligarque...

le 30 oct. 2024

Anora

Anora

7

Plume231

2381 critiques

Cendrillon et le rêve (russo-)américain !

Tout d'abord, à ma grande honte, c'est le premier film de Sean Baker que je vois, donc je ne ferai pas de comparaison avec ses autres œuvres, qui sont autant de futurs visionnages, pour creuser une...

le 31 oct. 2024

Anora

Anora

6

garystu

11 critiques

Une Palme par défaut ?

Encore une fois après Red Rocket, je me pose la question du pdv de Sean Baker sur ce qu'il filme. J'ai l'impression qu'il n'interroge pas les fantasmes masculins qu'il met en image. A savoir ici, sa...

le 20 sept. 2024

Du même critique

Sinners

Sinners

7

cathVK44

3206 critiques

Ne les laissez pas entrer.

Nuit infernale où le blues et sa magie conjurent les esprits du passé et du futur, attire aussi les forces du mal. Le vampirisme comme parabole politique sur fond de ségrégation raciale. Un film...

le 17 avr. 2025

Tatami

Tatami

8

cathVK44

3206 critiques

Sur le tatami, cheveux dénoués, le cri de la liberté: Uchi mata !

Deux femmes iraniennes prises dans une menaçante tourmente géopolitique. Sur le tapis, cheveux dénoués, le cri de la liberté. Uchi-mata.Un film en noir et blanc aux allures de thriller. Haletant,...

le 10 sept. 2024

La Chambre de Mariana

La Chambre de Mariana

8

cathVK44

3206 critiques

Dans les interstices de la maison close, les souvenirs transforment et reconstruisent le réel.

À hauteur d’enfant, on ferme les yeux et on rêve. Dans les interstices de la maison close, les souvenirs reconstruisent le réel. Avec délicatesse, Finkiel joue avec l'espace ( presque un huis clos)...

le 26 avr. 2025