Apocalypse Now, fresque guerrière signée Francis Ford Coppola, suit la mission du capitaine Willard au cœur d’un Vietnam halluciné.
La remontée du fleuve reste pour moi le véritable moteur du film : une succession de tableaux marquants qui capte bien la folie poisseuse du conflit, à la manière d’un cauchemar morcelé. Certaines visions restent imprimées, comme le spectacle surréaliste du spectacle des jeunes femmes ou l’iconique final, même si l’assaut sur fond de Richard Wagner, souvent mythifié, m’a paru moins impressionnant que sa réputation ne le laisse croire. En revanche, l’arrivée du colonel Kurtz, incarné par Marlon Brando, m’a franchement laissé sur ma faim : derrière l’aura construite, je n’ai vu qu’un prophète confus noyé sous des monologues verbeux. Le personnage de Willard, joué par Martin Sheen, oscille entre folie et camaraderie sans ligne claire, ce qui renforce cette impression de discours bavard qui peine à aboutir.
Je reconnais la puissance visuelle et certaines visions inoubliables, mais l’ensemble me laisse une sensation d’attente incomplète et d’étrangeté un peu vaine.