Ce qui frappe avant tout c’est le réalisme et le soin du détail apportés à cette immersion précolombienne du peuple Maya a l'apogée de son existence. La cité, les sacrifices humains par millier, le peuple, l’environnement sauvage ... sont autant d'éléments extrêmement bien documentés qui forcent le respect.
Pour rendre cette civilisation encore plus authentique, les acteurs novices composent avec un naturel et une spontanéité remarquable. Mel Gibson filme leurs expressions avec intelligence pour des regards profondément dramatiques et magnétiques.
Une grande civilisation ne peut être conquise que si elle s’est déjà détruite elle-même W.Durant
Le film montre un vision réaliste. Une vérité cruelle audacieusement mise en avant. Celle des grandes civilisations en partie responsables de leur propre extinction. Cruelle car on peut très facilement et légitimement faire l’analogie avec les indiens d'Amérique et d’autre peuples victimes de génocides.
Cette vision cruelle soulève une vraie question, elle aussi légitime, quand aux intentions de son réalisateur. Tient-il dans son discours pour seuls responsables ces civilisations et peuples se détruisant de l’intérieur et dédouane t-il ainsi les conquistadors et autres envahisseurs ? Ou veut-il simplement dans une démarche sincère montrer l’envers du décor et dévoiler cette terrible vérité que les bons penseurs se tiennent bien d’évoquer ?
La citation qui introduit le film (évoquée plus haut) ne clarifie pas la situation immédiatement. Mel Gibson laisse le soin au spectateur de se forger sa propre idée lors de la première heure du film et devient plus explicite sur la suite.
En effet, Apocalypto, qui porte parfaitement son nom, semble bien montrer que les civilisations plus avancées, plus organisées ou civilisées profiteront toujours de cet avantage pour soumettre les tribus et peuples plus en phase avec la nature et une vie plus simple.
Les conséquences du drame qui se joue sont sans surprises dévoilées par une séquence finale anthologique et qui laisse à réfléchir quant à la suite des événements. On retrouve d’ailleurs tout au long du film de beaux détails symboliques liés aux mythes et légendes Maya. Les mettre en parallèle avec les derniers plans, remet tout en cause.
Mel Gibson est un réalisateur qui a osé aller très loin dans ses thématiques. Il ne s'est jamais dégonflé et a donné naissance à un film sauvage dans une nature verdoyante, une fois de plus cruel et sans concessions. Son talent de metteur en scène fait ici aussi des miracles. Un voyage dans le temps plus vrai que nature.