En 2019, Adam Egypt Mortimer avait étonné avec son Daniel Isn't Real. Un an plus tard, il opte pour une esthétique rétro-synthwave pour mettre en scène l’action – et non plus l’horreur – cosmique d’Archenemy. Sans afficher de connexion immédiate, les deux films appartiennent à un même univers que Max Fist (Manganiello) a rejoint en traversant les "membranes de la réalité", causant la perte de ses pouvoirs. Pour le Terrien, il n’est qu’un SDF illuminé que la coke fait divaguer. Mortimer entretient cette ambiguïté, notamment avec la représentation animée de ce délire SF fuchsia psychédélique ; il a le mérite d’essayer une toute autre approche visuelle, et de ne pas se reposer sur son premier essai. La trame du trafic de drogue, avec un boss peroxydé maniéré et des jeunes blacks qui cherchent à s’en sortir, est plus stéréotypée, et donne l'occasion au justicier cosmique de se transformer en Punisher-lite lorsque leurs routes se croisent. La mise en scène de la réalité propose une photo sombre et bruitée, avec un rendu artsy et une obsession pour le bleu. L'ambiance dreamy-synth qui se crée et les harmonies de couleurs sont appréciables, tout comme la cohérence d'ensemble dans la réalisation ; il y a juste ce script qui est un peu maigre et botte en touche devant ses ambitions.