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le 31 mai 2014
SuivreLove in the Afternoon
Quatorzième film de Billy Wilder et le second des trois sortis durant l’année 1957, avec L*’odyssée de Charles Lindbergh* et Témoin à Charge, Ariane, adaptation du roman Ariane, jeune fille russe de...
Dans ma jeunesse, surtout entre 14 et 20 ans, j’aimais particulièrement les vieux films américains. Combien de moments passés devant ces images en noir et blanc à m’émouvoir, à m’angoisser, à soupirer d’aise, les yeux brillants et le sourire aux lèvres ? Cette marotte n’en est plus une mais j’ai parfois des rechutes. Aussi, quand j’ai eu l’occasion de visionner *Love in the Afternoon* – *Ariane* dans sa version française – je n’ai pas résisté. Puis je me suis dit, pourquoi ne devrais-je parler que des films sortis depuis que je suis née ? Pourquoi ne pas profiter de ce lieu pour évoquer ces films des années 40, 50, 60 qui ont bercé ma vie d’adolescente puis d’étudiante ?
*Love in the Afternoon* est une comédie sentimentale de Billy Wilder, si tu ne vois pas qui est ce réalisateur, ami-lecteur, sache qu’on lui doit *Sabrina*, *Certains l’aiment chaud* et *Sept ans de réflexion*, les deux derniers avec Marilyn Monroe. Le film qui nous intéresse aujourd’hui est considéré comme mineur dans sa carrière mais quand j’ai vu, via le synopsis, qu’il se déroulait à Paris, je me suis ruée sur le DVD...
Sur le papier Love in the Afternoon ne pouvait que m’enchanter. De la romance à Paris avec du très très beau monde : Gary Copper, Audrey Hepburn et notre Maurice Chevalier national dans le rôle du père de l’héroïne. Le film me promettait donc un peu plus de deux heures d’amour rose tendre… Mais qu’en est-il au terme de mon visionnage ?
Alors disons-le tout de suite, nous sommes ici dans un Paris un tantinet fantasmé. La ville y est vue à l’américaine, c’est à dire comme le lieu des passions, des romances, des liaisons. Ce genre de traitement ne me gêne pas et c’est un classique du cinéma, que ce soit dans Sabrina, quand l’héroïne du même nom étudie la cuisine en France ou même dans Edmond, réalisé très récemment.
Je crois que ce qui m’a le plus surprise, et peut-être plu, c’est l’audace du propos. Enfin… De l’audace pour l’année à laquelle *Love in the Afternoon* est sorti : 1957. Car Ariane, jeune étudiante violoncelliste de 19 ans, est une innocente qui va succomber au charme du héros, un séducteur cynique et vieillissant. Et oui, elle couche avec lui ! Et pas qu’une fois… J’ai trouvé la liberté d’Ariane charmante. Pas un instant elle ne semble se préoccuper de la morale de son époque. Ses réserves concernent bien plus le caractère volage de son amant que la bienséance. Cette liberté reste pourtant celle de sa décennie et si Ariane prend un amant, elle reste l’archétype de l’héroïne des romances d’alors : innocente, amoureuse, douce et généreuse. Ce personnage, qui pourrait être lisse et ennuyeux, reste toutefois charismatique grâce à l’actrice qui l’incarne : Audrey Hepburn. Il me faut quand même l’avouer, ami-lecteur, je suis une grande admiratrice de cette femme, je ne suis donc pas certaine d’être tout à fait objective.
Comme je le disais plus haut, *Love in the Afternoon* a l’originalité, pour son époque, de nous présenter une innocente qui s’offre une liaison. Hélas, cette audace est contrebalancée par le personnage du séducteur incarné par Gary Cooper. Alors, ne t’y trompe pas ami-lecteur, j’adore Gary Cooper. Vraiment… Mais le choix de l’acteur pour le personnage de Frank Flannagan me laisse dubitative. Nous avons donc une jeune fille, belle et innocente, qui a un tel coup de cœur pour un Dom Juan patenté qu'elle couche avec lui. Sauf que Gary Copper, lors du tournage, a déjà 56 ans. Du coup, j’avoue que j’ai eu un peu de mal à croire à ce héros. Car monsieur Flannagan n’a rien, dans le film, d’un séducteur sur le retour. Au contraire, il semble en pleine « gloire ». Bref le personnage ne va pas complètement à l'acteur... D’ailleurs Cary Grant avait refusé le rôle en expliquant qu’il se trouvait trop vieux pour jouer l’amant d’Audrey Hepburn, et il était plus jeune que Gary Cooper ! Sans commentaire.
Ainsi, malgré le charme de cette romance, j’ai trouvé que le casting manquait de pertinence. Voici le moment d’évoquer le troisième rôle important du film de Wilder, le père d’Ariane, Claude Chavasse, joué par Maurice Chevalier. Que je n’aime pas. Mais alors pas du tout... Je ne saurais pas vraiment t’expliquer pourquoi, ami-lecteur. Je ne vais par conséquent par m’étendre sur sa prestation
– j’ai trouvé qu’il jouait avec autant de crédibilité qu’une poutre qui tente d’incarner un moineau -
, je manque trop d’objectivité.
*Love in the Afternoon* n’est donc pas un grand film mais une petite romance charmante etun brin vieillotte. Le genre qu’on visionne en hiver, les jambes sous un plaide, une tasse de chocolat chaud entre les mains...
Créée
le 20 avr. 2021
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