Épaulé de son scénariste fétiche, Chan Man-Keung qui s’adjoint pour l’occasion les services de Tsang Kan-Cheung, Lawrence Ah Mon dépeint avec Arrest the Restless le visage obscur d’une partie de la jeunesse qui se fourvoie dans le viol, le trafic de drogue ainsi que le meurtre. Une jeunesse qui fait échos à celle, plus contemporaine de son premier film, Gangs (1988). Et comme il avait pu le montrer avec ses deux films qui revenaient sur la carrière du policier Lee Rock, il y montre encore une police gangrenée par la corruption. Une image critique où seule une poignée de policiers semblent intègres à l’image du sergent Lam. Cette poignée compte bien faire respecter les lois quoi qu’il en coûte, et amener ainsi devant la justice des délinquants toujours plus violents. On assiste alors à des agissements policiers qui font penser aux Incorruptibles (1987) de De Palma. En parallèle de l’intrigue policière se joue celle de Teddy. On découvre cette forte tête au quotidien, entre une mère (Deannie Yip Tak-Han), joueuse invétéré de mah-jong et sa petite-amie (Vivan Chow Wai-Man) qui emprunte plus ou moins son style de vie.


Globalement, Arrest the Restless est un bon divertissement qui s’apprécie. On n’échappe pas à des personnages et des interprétations quelque peu caricaturaux, mais ils reflètent des situations qu’on pourrait qualifier de « réelles », tant elles s’ancrent dans un commentaire social. On y voit les relations difficiles de la police et des policiers. Les relations en interne où la corruption est omniprésente mais également les relations plus personnelles. Ainsi, la femme de Lam lui reprochera d’être irréprochable et donc de mener une vie modeste, loin du faste consumériste d’un corrompu. De son côté, Teddy offre avec sa mère des scènes savoureuses à la fois drôles et émouvantes. Arrest the Restless vogue ainsi avec un ton léger et parfois dur, voire violent. Pour le ton plus enjoué, on soulignera ici l’affrontement entre deux factions de policiers, où l’un d’eux vient à commenter, par le biais de sa CiBi la bagarre qui fait rage sous ses yeux. Quant au ton plus brutal, une séquence sort du lot. On y voit le personnage de Vivian Chow avec une amie faire face à la bande de Sam. Une séquence à huit clos terrible où les jeunes femmes seront sauvagement mutilées.


Arrest the Restless est un témoignage cinématographique intéressant sur le Hong Kong des années 60 : sa police, ses agissements, ses jeunes délinquants et leurs conflits. La reconstitution est réussie et dépeint avec tragédie une face sombre, où l’on n’hésite pas à utiliser de l’acide pour régler ses comptes.


(voir peloche et + : https://hongkongmovievideoclub.wordpress.com/2013/08/07/arrest-the-restless-1992-lawrence-ah-mon-avis-review/)

IllitchD
6
Écrit par

Créée

le 6 sept. 2013

Critique lue 245 fois

IllitchD

Écrit par

Critique lue 245 fois

2

Du même critique

L'Enfer des armes

L'Enfer des armes

8

IllitchD

le 31 janv. 2013

Suivre

Director’s cut

Disparu. L’Enfer des armes de Tsui Hark est une œuvre mythique à elle toute seule. Troisième et dernier film de Tsui Hark de sa période dite « en colère », l’original est interdit par le comité de...

A Bittersweet Life

A Bittersweet Life

5

IllitchD

le 28 mai 2013

Suivre

Critique de A Bittersweet Life par IllitchD

Kim Jee-woon réalise une pépite de style. La réalisation a du style comme son personnage principal (Lee Byung-hun). Tout y est stylé, les plans, les costumes taillés, la belle gueule du héro...

The Murderer

The Murderer

6

IllitchD

le 11 févr. 2013

Suivre

Critique de The Murderer par IllitchD

The Murderer commence dans le Yanji, ce début de film est d’un aspect quasi documentaire, Na Hong-jin nous montre une région aux immeubles vétustes et sinistres. Il y a une misère palpable qui...