Voilà donc un film déviant japonais mêlant sexe et violence. Mais ça va, franchement je m'attendais à pire.
L'histoire est celle Yuri, serveuse dans un restaurant, et Ken le pâtissier de ce même restaurant. Un soir de pluie, alors que Yuri demande à Ken de la ramener chez elle, ils tombent sur une auto-stoppeuse suicidaire qui commence à se scarifier devant eux avec le couteau à pâtisserie de Ken. Pris de panique, les 2 collègues éjectent l'auto-stoppeuse de la voiture, mais la tuent accidentellement. Ils essaient donc de cacher le corps et une fois chez Yuri, ils réfléchissent à ce qu'ils viennent de faire, en proie à la culpabilité. C'est alors qu'ils sont pris d'un désir intense de faire l'amour l'un avec l'autre, et ne vont pas tarder à mettre en relation leurs performances sexuelles avec les meurtres qu'ils vont devoir commettre s'ils veulent continuer à atteindre l'extase...
J'ai déjà bien aimé les couleurs du film: je le trouve très esthétique dans sa colorimétrie. Je croyais voir un film sombre, grisâtre, sale. Mais il n'en est rien (ou presque). Lorsque les protagonistes sont au cimetière, c'est un cimetière qui ressemble à un pré, d'un vert éclatant. Ken, le tueur porte souvent une chemise d'un jaune presque orangé qui tranche radicalement avec le noir de la nuit. Et le sang qui s'échappe des victimes est d'un rouge vermillon qui flatte l'oeil de la caméra. L'image est vraiment très belle pour un film de 1976.
Deuxième chose que j'ai beaucoup aimé: la musique majoritairement extrêmement douce, construite à base de "chabadabada" que n'aurait pas renié Claude Lelouch, est en total décalage avec l'atrocité des crimes montrés à l'écran.
Enfin, le film ne dure qu'1h12 et c'est largement suffisant dans un monde où, de nos jours, les réalisateurs ajoutent des scènes inutiles pour allonger des films souvent déjà ennuyeux. Ici, on ne garde que l'essentiel, ça dynamise le rythme et évite au spectateur de s'ennuyer, d'autant que les crimes commencent vite à se ressembler et à donner dans la répétition.
Le film pourrait se comparer à une sorte de Giallo inversé: un tueur à l'arme blanche (et sa complice) torture des jeunes femmes en leur enfonçant son arme phallique dans les parties intimes pour les achever, mais on connait l'identité des tueurs dès le début et tout le film sera vu depuis leur point de vue plutôt que du point de vue de la / des victime(s). Et puis la fin du film ne fait pas vraiment triompher la justice.
Un film assez glauque, trash (mais ça va, c'est souvent du hors-champ), à ne pas mettre devant tous les yeux.