<i>Assunta Spina</i> est un film de divas italiennes – genre qui semble avoir été majeur à l’époque du muet, et qui est aujourd’hui étrangement méconnu... C'est un récit à l’idéologie douteuse (dévotion et sacrifice pour un mari jaloux et violent), est justement l’un des titres emblématiques du cinéma de divas. Pendant un moment, le film n’a pas grand-chose d’autre à proposer que les manières de son actrice (jeu nerveux aux mains tordues), et le folklore de l’univers napolitain valorisant son tempérament orageux. La réalisation (qui m’apparaît comme toujours à cette époque en Italie très fragile sur le plan narratif) se réveille enfin au moment du repas, et de la blessure infligée par jalousie : il se met alors en place une mise en scène dans la profondeur qui fait de la star, à l’avant-plan, une sorte d’extension et prolongement de tout un groupe qui, derrière elle, figure ses humeurs et tempêtes intérieures, ou qui accompagne ses emportements. À mesure qu’il avance, le film semble de plus en plus au service de son actrice, par des tableaux toujours plus longs qui donnent à apprécier ses craintes et revirements, jusqu’à ce plan final tendu, presque déplaisant par l’hystérie qui s’y déchaîne, mais qui ressemble aussi à une sorte de performance. Le film aiguise donc une certaine curiosité, malgré une narration perfectible, et un premier acte ronflant.
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