Goudurix, le neveu pleutre d'Abraracourcix, est enlevé par les Vikings. Astérix et Obélix sont missionnés pour le secourir.
Certes, il est à propos d'exprimer une doléance véhémente à l'endroit de cette émanation cinématographique, prétendument inspirée des pérégrinations gallo-romaines narquoises et spirituelles naguère orchestrées par le talentueux duo Uderzo-Goscinny, et plus spécifiquement de l'opuscule bédéistique titré Astérix et les Normands.
Force est de constater, ô combien douloureusement, que cette transposition sur pellicule s'avère être une indigente et soporifique exégèse de la trame narrative originelle. L'intrigue, d'une prévisibilité confondante, se déroule avec une linéarité navrante, tel un fleuve paresseux serpentant à travers une plaine désolée. Aucun spasme scénaristique, aucune sinuosité inattendue ne vient perturber cette morne procession d'événements attendus, laissant le spectateur dans un état d'ennui insondable, comparable à la visite d'un parc d'attractions éculé ou à la lecture des plus récentes et fades productions de la franchise. L'esprit vif, la verve satirique, l'humour caustique qui jadis nous délectaient semblent s'être volatilisés, emportés par les vents d'une modernité galopante et assommante.
L'animation, d'une excessive onctuosité numérique, bien que moins ophthalmique que certaines productions infographiques contemporaines, exhale une froideur clinique, une impersonnalité déconcertante. Elle lisse, atrocement, les aspérités charmantes, les imperfections pittoresques qui conféraient un caractère si singulier aux précédentes adaptations.
Quant à l'idylle mièvre et fade qui éclos entre le jeune efféminé et narcissique Goudurix et la fille du chef viking, prénommée Abba, elle confine à une niaiserie exaspérante, une bluette ennuyeuse qui alourdit considérablement le récit sans apporter la moindre substance.
Néanmoins, il convient de concéder, avec une parcimonie mesurée, quelques timides et bienvenues actualisations. L'introduction d'un volatile messager baptisé avec une ironie mordante "SMS" constitue une trouvaille anachronique savoureuse, une épice subtile dans un plat par ailleurs insipide.
Bref, cette œuvre cinématographique, malgré quelques fulgurances modernistes isolées, s'avère être une bien pâle et décevante itération d'un univers foisonnant et spirituel, laissant un goût amer de régression et de perte d'authenticité.