La critique complète du film : http://cinecinephile.com/athena/
"[...] En quelques minutes, Romain Gavras pose le décor, les enjeux et les personnages de sa grande tragédie, filmée dans une succession de plans-séquences visuellement étourdissants, où le mouvement de la caméra et la continuité en temps réel du plan-séquence deviennent l’incarnation de la colère d’un peuple révolté. L’expérience de Romain Gavras dans l’univers du clip confère d’emblée à Athena une iconographie aussi esthétique que surpuissante, où le message politique du long-métrage passe à travers l’image et le sensoriel, sans jamais tomber dans un quelconque manichéisme, avec des personnages ni méchants ni gentils. L’ambition première du cinéaste est avant tout de mettre en scène un grand film de cinéma opératique et chorégraphié, où l’on suit le chaos dans un mouvement ininterrompu et inéluctable dans sa fatalité. Cette ambition démesurée se retrouve même dans l’excellent BO du musicien Surkin, où l’on peut entendre l’intervention d’un chœur, avec des chants grégoriens qui viennent renforcer la dimension tragique de cet opéra de feu et de sang à l’ampleur grandiose. Avec ses plans-séquences techniquement virtuoses, sa mise en scène à l’ampleur tragique totalement assumée et une iconographie symboliquement puissante, Romain Gavras livre avec Athena une grande tragédie de cinéma, doublé d’un brûlot politique dont la portée se mêle parfaitement au mouvement de son grand opéra furieux et chaotique. Sidérant."