La où son copain Ladj Ly avait réussi à faire, malgré toutes les critiques qu’on peut faire a
à Les Misérables, un objet filmique pleins de qualités, avec une progression de la tension très bien maîtrisée, pour arriver sur un climax en apothéose, Gavras, pourtant subjuguant avec son précédent film Le Monde est à toi, se perd dans les affres du sensationnalisme a tout prix. Le film commence et continue en grande pompe pour se calmer dans son dernier tiers, à croire qu’il a été filmé à l’envers.

Tout droit sortie des pires cauchemars de Jean Messiah ou de Zemmour, la vision de la cité dépeinte par le fils de Costa-Gavras est à mille lieux des différents films qu’ont pu nous offrir ses copains de Kourtajmé et entourage proche, peuplée de personnages tous plus ridicules et vides les uns que les autres. De Karim, ado décérébré, disposant de trois neurones, deux fonctionnels et aucun qui se touche, voulant venger la mort du benjamin de la fratrie coûte que coûte, porté par un Sami Slimane nous offrant un acting digne de la parfaite imitation d’un poisson rouge (à vous de me dire, à la vue de ma description du personnage, s’il l’a joué à la perfection, jusqu’à Abdel, le deuxième frère, militaire, qui pourtant partait bien jusqu’au revirement de situation débile, joué par un Dali Bensallah pour qui être acteur semble se résumer à écarquiller grand les yeux et marcher en roulant des épaules. Bref pas grand chose d’intéressant dans ces personnages et leurs interprètes, pourtant sur-inconisés.

Mais s’il reste bien une seule chose à retenir de ce métrage, c’est la capacité qu’a Gavras à faire des plans inconiques. Le film, bien qu’il ne raconte pas grand chose d’interessant, le fait avec une maîtrise parfaite. Certains plans, aidés par une musique somptueuse m’ont presque fait penser que j’aurais aimé que notre cher Romain réalise la bataille finale dans le château de Poudlard (la scène où ces fins cavaliers enfourchants leurs 50 tirent des mortiers verts et rouges sur les CRS qu’ils ont encerclés était ma foi tout à fait réussie). Certains plans séquences du films sont également fortement bien réalisés, toujours très proches des personnages, tout en gardant une stabilité et netteté presque déstabilisante. Bref, de la merde très bien emballée.

Pour conclure, la scène finale du film résume très bien à elle seule tant l’histoire du film que la manière dont il nous l’a raconte : tout ça pour rien.

UB69
3
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le 26 sept. 2022

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