Depuis "La Haine" en 1995 de Mathieu Kassovitz, rien n'a vraiment changé dans l'état de certaines banlieues. Athena fait le prolongement de ces difficultés, en poussant encore plus loin la tension, entre les jeunes générations, et les interventions musclées de la police. Athena expose une Révolution française à l'échelle d'une cité et de son peuple, pendant 1h30 très intense, où l'ambiance révolutionnaire ne s'arrête jamais vraiment.
Pour nous faire vivre de l'intérieur cette révolution, Romain Gavras et ses équipes, font le choix de multipliers les plans-séquences long et moyen tout le long du film. Cela dès l'ouverture, avec une séquence chorégraphiée au millimètre, et nous faisait voyager dans tout le quartier, sans coupure, en maintenant une caméra en mouvement, des jeux d'acteurs, des casdareur à l'oeuvre, et des figurants amenant une énergie folle, tels des supporters de foot, faisaint monté la tension et l'enjeu de l'histoire.
Dans le même but, la caméra est toujours à hauteur d'homme, en caméra épaule, peut-être cherchant à se calquer aux images de la réalité, prise par des amateurs ou lors de nombreux reportages.
Ainsi deux teintes se distinguent, celle d'une prise de vues réalistes de l'action, et l'autre s'observant par le passé dans la publicité du réalisateur, qui se fait sentir par une réalisation maitrisé, lorsqu'il faut iconiser et marquer un évènement.
Athena pourrait avoir sa place au pantheon des films français, par sa qualité de réalisation, mais surtout par son témoignage condensé d'une époque encore d'actualité. Même s'il est peu bavard sur sa situation sociale. Mais ici, la violence n'a pas de mot, elle parle d'elle-même, le spectateur pouvant voir cette violence en sortant du cinéma, et pouvant témoigner et compléter son discours.