Ce film de Romain Gavras a été totalement descendu par les critiques mainstream, arguant du fait qu'il se réclamait de la tragédie grecque (en choisissant pour titre Athéna) et n'aurait pas réussi à atteindre ses ambitions, trop violent, sans profondeur, noyé de clichés.
Athéna, est ici le nom du quartier mais c'est aussi une déesse, (de la sagesse, de la stratégie guerrière, de la justice et du combat) un bon titre pour la simple et bonne raison qu'il nous permet une fois retombée la tension de donner un sens à ce qu'on vient de voir et d'y réfléchir avec plus de hauteur, chacun se fera son avis.
Car pour ne pas prendre ce film de haut il faut avoir vécu dans un quartier de ce genre en banlieue. En connaître le fonctionnement, ses habitants, et surtout ceux qui peuvent en quelques heures la transformer en zone de guérilla urbaine...
Dès les premières secondes avec son long plan séquence on est embarqué, pris dans cet embrasement provoqué par la mort violente d'un jeune avec l'attaque du commissariat.
C'est un bon film brillamment réalisé et interprété, les rageux diront le contraire.
Ça colle parfaitement à la réalité même quand il aborde la possibilité du terrorisme islamiste et la minorité néo fachiste dans la police.