Pas inintéréssant mais je me demande toujours pourquoi les réalisateur.ices ont ce besoin presque égocentrique de vouloir controler le réel. Intervenir dans un documentaire est sans doute l’un des paris les plus risqués. Ici, malheureusement, il est perdant. A chaque fois.

Qu’il s’agisse de la scène du « fuck » au début, du plan du vieil homme filmé au ralenti (qui s’avère être l’oncle de la réalisatrice, tiens donc), ou encore de la séquence finale avec les jeunes, chaque intrusion dans le réel fissure ce qui devait faire la force du film : son authenticité.

Prenons justement cette dernière scène. Dans un film qui se veut disruptif, parce qu’il filme des vieilles (même si, au passage, la disruption ne tient pas tant au sujet qu’à l’angle ou à la grammaire formelle), on ne s’attend pas à voir surgir l’insupportable poncif du choc des générations, passage obligé du film sur les vieux. Et pourtant, il faut le subir.

Une vieille Marseillaise qui écoutait de la musique à fond dans la scène précédente se met à engueuler des jeunes qui écoutent du Jul (une Marseillaise qui n’aime pas Jul ?), parce qu’ils dérangent ; prétexte évident pour mettre du Johnny. Si l’idée était de conclure sur le djo, il n’était pas nécessaire d’alourdir le film avec cette scénette.

Au milieu de tout ça, on a quand même quelques scènes qui parviennent malgré tout à véritablement documenter quelque chose. Sexualité, amour, beauté, les thèmes affleurent, timidement. On aurait aimé qu’ils soient explorés davantage et que le film ose peut-être sortir de cette plage un peu étroite qu’il s’impose.

J’y repense, plutôt que cette scène du « fuck » devant le tag « SOUTIF OBLIGATOIRE LES VIEILLES », un simple plan fixe aurait suffi. Laisser les deux amies s’installer devant, sans intervenir. Pas plus. Souvent, le réel n’a pas besoin d’être dirigé pour donner à voir.

D'ailleurs, étonnant, ce tag. On en viendrait presque à se demander s’il n’a pas été posé là pour les besoins du film. Peut-être qu’il existe bel et bien dans la vraie vie, bien sûr, mais à force d’interventions appuyées de la réalisatrice, le doute s’installe et on ne peut plus rien recevoir comme allant de soi.

Odenuum
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le 13 févr. 2026

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