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Vu en séance cinéclub en présence du réalisateur a Valenciennes. Un film qui se morfond dans sa propre bourgeoisie mondaine en effleurant doucement le sujet de la prostitution.
Contrairement à ce que son titre laisse présager, Au coeur du bois ne s'enfonce pas au coeur de la prostitution dans le bois de Boulogne mais seulement dans l'un de ses coeurs, l'un de ses piliers.
Il ne présente que des personnes à leur compte, majoritairement tous.te.s pratiquant la prostitution de leur plein gré. Le réalisateur lui même explique qu'il n'a interviewé que des personnes à leur compte, ne voulant pas montrer par exemple les victimes de proxénétisme au coeur du bois.
Mais que peut-on attendre d'un documentaire censé aborder le coeur de la prostitution mais qui n'aborde qu'une partie de celle-ci ?
Doublé d'une arrogante envie de mettre dans l'inconfort le petit bourgeois que je suis, le documentaire s'écrase sur une direction photographique qui rend le bois sublime. Si sublime que j'ai presque envie d'être une pute transexuelle. Le problème c'est que le réel sujet passe à la trappe.
Dans les discours très instructif des travailleur.euses du sex, on comprend à quel point les lois pseudo gaucho-féministes ont poussé les prostituées à travailler dans des conditions de plus en plus déplorables. Conditions qui ne sont absolument pas montrées comme déplorables par le film.
Alors oui je comprend le vouloir du réalisateur de ne pas peindre ses personnages dans des environnements dégueulasse mais plutôt de les embellir! Pour une fois que quelqu'un le fais! Mais le but premier d'un documentaire n'est-il pas de faire passer un message?
Donc tout est beau. Presque tout le monde est heureux. Même si les putes décrivent la merde qu'elles vivent.
En gros le message c'est ça : je veux bien voir tes dents jaunes mais lave les avant.
C'est un film fait par un bourgeois dans l'optique de choquer d'autres bourgeois mais qui même à cela échoue puisqu'il ne va pas plus loin que l'entrée du bois.
Créée
le 24 févr. 2022
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