Un film, tiré d'un fait réel (des précisions sont données sur le carton final) qui traite avec beaucoup de discrétion et de sobriété un sujet finalement assez difficile, en évitant tous les écueils : l'excès de pathos, le glauque, la démonstration bien pesante.
Le film traite (en sous-texte ou pas) de la condition féminine au Chili. (entre autres des abandons de nouveaux-nés, voire des infanticides, suite à des grossesses non désirées) ll traite aussi (et là c'est uniquement en sous-texte) d'un passé (la dictature) qui ne passe pas. On ne sait pas grand chose du passé de cette femme, mais on sent qu'elle a un passé douloureux.
Le film, par moments, est un peu une relecture du mythe d'Antigone : l'obstination de cette femme à donner une identité à ce nourrisson décédé, et à lui organiser des funérailles décentes, pour lui redonner une dignité qui lui a été refusée jusqu'alors, c'est un peu celle d'Antigone voulant enterrer ses frères malgré les interdits.
Le film peut se voir aussi comme un rappel indirect de la situation de ceux qui n'ont pu enterrer dignement leurs proches disparus pendant la dictature.
Bref un film assez riche, derrière son apparente simplicité. Et très bien interprété.