Avant toi est un drame romantique profondément émouvant qui se déroule en Grande-Bretagne, dans une atmosphère aussi élégante que lourde de fatalité. Le film raconte la chute brutale d’un jeune trentenaire : beau, riche, brillant, promis à une vie idéale, jusqu’au jour où un accident le rend tétraplégique. Si sa situation financière lui permet de bénéficier d’un accompagnement médical et humain sur mesure, rien ne peut apaiser sa douleur intérieure. Prisonnier de son corps, il perd peu à peu le goût de vivre, s’isole du monde et souffre autant physiquement que moralement de son handicap. Chaque scène rappelle ce contraste cruel entre ce qu’il était et ce qu’il est devenu.
C’est alors qu’entre dans sa vie Lou, incarnée par l’héroïne de Game of Thrones, la mère des dragons. Engagée comme aide à domicile par la famille, elle apporte avec elle une énergie maladroite, une joie naïve, presque déplacée face à la gravité de la situation. Pourtant, au fil des jours, un lien fragile mais sincère se tisse entre eux. Le film prend le temps de montrer ce rapprochement progressif, fait de silences, de sourires timides et de douleurs partagées. Leur relation, à la fois tendre et déchirante, a d’ailleurs été reconnue en 2016 avec une nomination pour le meilleur baiser d’un film — une scène marquante, suspendue dans le temps, et il faut le dire, véritablement extraordinaire tant elle condense l’amour, le regret et l’impossible.
Mais l’ombre de la mort plane sur leur histoire. Lou n’a que six mois pour tenter de faire changer d’avis celui qui a déjà pris sa décision : partir en Suisse pour recourir au suicide assisté. Cette échéance donne au film une tristesse constante, presque étouffante. Avant toi ne cherche pas à donner de réponses faciles. Si l’on accepte de se prêter au jeu et de mettre de côté les polémiques liées à ce sujet sensible et controversé de l’euthanasie, on ne peut qu’être touché par la beauté douloureuse de cette romance. Une histoire d’amour imparfaite, marquée par l’impuissance, le choix et la perte, qui laisse le spectateur le cœur serré longtemps après le générique de fin.