Troisième film de Mark Raso, Awake propose un récit d’anticipation aux visées humanistes qui met en scène une ancienne infirmière militaire bien décidée à sauver ses enfants d’une catastrophe planétaire. Celle-ci est jouée par Gina Rodriguez qui incarnait le rôle principal de Jane The Virgin. Après une déflagration magnétique qui a grillé tous les circuits électroniques, les hommes s’aperçoivent qu’ils ne peuvent plus dormir. La société se délite rapidement, tandis que des chercheurs essaient de trouver un remède à ce que le film présente comme une mort inéluctable de tous les êtres humains. Or, au milieu de ce désastre, la fille de cette infirmière parvient à dormir et devient la convoitise d’un groupe religieux et de scientifiques.
Le postulat de départ est somme toute assez intéressant, même si aucune étude scientifique ne prouve que la mort puisse survenir au bout d’une dizaine de jours d’insomnie. Malheureusement, en voulant accélérer l’action, le réalisateur perd le fil de son récit. Le dérèglement sociétal s’abat bien trop vite sur le monde, tandis que la folie qui s’empare de quasiment tout le monde est peu crédible dans sa manière d’être présentée. Après une nuit sans sommeil, le spectateur a déjà l’impression que cela fait plusieurs années que le monde est plongé dans cette nouvelle ère. Si je ne suis pas contre l’étude de l’effondrement sociétal, il est indéniable que les raccourcis pris dans ce film sont incohérents.
Les incohérences s’accumulent d’ailleurs tout au long de la narration, techniquement plutôt bien maîtrisée, mais scénaristiquement bâclée. Au fur et à mesure que le film avance, le spectateur est peu à peu sorti de l’action, ce qui est bien dommage. En effet, Gina Rodriguez est impeccable en mère marquée par on ne sait quel traumatisme militaire et cherche à faire de son mieux avec un personnage finalement mal peint. Ses réactions ne sont pas toujours crédibles, même si le film tente de nous faire croire que c’est le manque de sommeil qui dicte ses erreurs. Ces facilités deviennent épuisantes, à tel point qu’on en arrive à ne plus croire à ce qui se passe. L’acmé se situe dans le camp de recherches où pas une seule action n’est crédible, pas plus celles des militaires que celles des vilains scientifiques prêts à tout pour trouver un remède.
Quant au dénouement, il est digne d’un premier année en écriture de scénario…
Entre accumulation d’incohérences, facilités narratives, scènes inutiles censées nous faire comprendre que l’humanité va mal et larmoiements maternels, on finit par etre éjecté de ce film qui n’arrive pas à nous tenir éveillé. Ce qui est un comble étant donné son titre…