Après Cheap Thrills, j'attendais mieux de E.L. Katz qu'une relecture paresseuse de The Last of Us, dont le seul vague intérêt est qu'on finit par avoir plus d'empathie pour les antagonistes que pour sa transparente héroïne.
Trop belle, trop propre, avec sa crinière soyeuse digne d'une pub L'Oréal, Samara Weaving n'a rien à foutre là et le script ne lui donnera aucune chance de faire exister son personnage. C'et d'autant plus dommage que le film aligne par ailleurs une honorable galerie de gueules crasseuses et moins convenues, comme Eero Milonoff (Border) ou Sebastian Bull Sarning (La Chasse).
En parlant de personnages nul et transparent, Nathan Stewart-Jarrett (Misfits) mérite la palme, tant l'arc de son personnage m'a laissé totalement indifférent, alors que c'en est tout le moteur dramatique. Résultat : aucune implication émotionnelle et un film aux enjeux inexistants dont j'ai paisiblement gobé les quelques belles images, et occasionnelles séquences d'action.
Car pour tous ses défauts, le film s'en tire avec les honneurs par certains aspects, et si ça ne le rend pas recommandable pour autant, je n'ai pas passé un mauvais moment :
- Les factions sont clairement établies et leur relation limpide, permettant au film de démarrer sans trainer
- Le script ne perd pas une minute à sur-expliquer son univers, et c'est parfait comme ça
- Les scènes d'actions sont bien gaulées et parfois inventives, à l'image de la baston pendue, ou d'un beau combat en rampant dans la boue, viscéral comme il faut
- Les créatures sont réussies, et le film a le bon goût de ne pas trop les montrer
[SPOILER]
Dommage d'avoir montré ce bébé Yoda tout moche à la fin. Non seulement l'effet spécial ne ressemble à rien, mais j'aurais préféré n'avoir que le son et imaginer le machin. La retenue est l'une des denrées les plus rares au cinéma.