Sous l’œil de Damien Chazelle, Babylon se déploie comme une fresque démesurée, oscillant entre euphorie cinématographique et vertige du trop-plein.
Ce qui m’a frappé en premier, c’est l’énergie du casting. Brad Pitt incarne avec un charisme nonchalant un acteur en déclin, tandis que Margot Robbie se donne corps et âme dans une performance déjantée, presque animale, en Nellie. Mais c’est surtout Diego Calva qui m’a surpris, tant son parcours d’outsider fascine et donne un fil conducteur à ce tourbillon. Le film joue sur des rythmes contrastés : les séquences effrénées, comme l’orgie d’ouverture, hypnotisent littéralement, et rappellent la virtuosité de Chazelle. La descente dans le Blauckhaus, menée par un Tobey Maguire qui transpire le malaise, évoque quant à elle le délire paranoïaque de Under The Silver Lake, confirmant la capacité du réalisateur à plonger dans l’absurde le plus dérangeant.
Techniquement, rien à redire : variations du thème musical principal, photographie millimétrée, cadrages inventifs… l’enrobage est somptueux. Pourtant, derrière cette virtuosité, j’ai parfois ressenti un scénario trop vague, qui semble parfois se complaire dans la redite. La comparaison avec Once Upon a Time in Hollywood est inévitable : même fascination pour Hollywood, même miroir tendu au spectateur, mais avec ici une tendance à se répéter.
Certaines scènes, comme le vomi de Nellie lors d’un dîner mondain ou la déclaration finale d’amour, m’ont semblé alourdir inutilement le récit.
Au final, Babylon est une expérience que je conseillerais sans hésiter, tant pour son énergie brute que pour ses fulgurances hallucinées. Mais c’est aussi un film inégal, où l’ivresse du spectacle laisse parfois place à une certaine fatigue.