Christian Bale. Autant le dire tout de suite, c'est le gros point fort et la raison principale de regarder Bad Times. L'acteur gallois y livre une performance over-the-top à ranger parmi ses meilleures incarnations avec American Psycho, Vice ou Les Brasiers de la colère.
Dans une transposition de Taxi Driver à l'ère 2.0, le film partage avec son illustre ainé ce personnage de vétéran borderline dont les troubles post-traumatiques ne vont pas tarder à le faire disjoncter. Il cherche un travail, n'en trouve pas, hante les rues avec son meilleur ami en reluquant les pépés et en rageant sur un système qui l'a oublié. S'il est à des lieues de la subtilité et la maestria d'un Scorsese, David Ayer cerne néanmoins la vie des protagonistes avec un certain talent, en particulier le comportement de Jim Davis (Bale), dont il traduit les sautes d'humeur avec de simples procédés cinématographiques et effets de montage (images qui sautent, colorimétrie qui s'emballe) qui peuvent également le rapprocher d'un Tony Scott période Man on Fire et rend le film plus original que son travail en général..
Brouillant rapidement les aiguilles sur la boussole du bien et du mal, on assiste à l'implosion tragique de son anti-héros.
Exercice de style assez solide sur l'impossible reintégration de soldats cabossés, surtout s'ils sont délaissés par leurs propres institutions. Travis Bickle pourrait être fier. Son petit rejeton n'a peut-être pas sa stature, mais il a du bagout.