Le film s'ouvre sur un match de football américain féminin. Il nous faut quand même quelques secondes pour s'en rendre compte. Les contacts sont virils, ça joue. Fin du match. Les filles se congratulent, hurlent et sautent de joie. Retour à la maison. Le groupe se dissout progressivement de même que le volume sonore des éclats de voix de ces jeunes filles durant le trajet jusqu'à s'éteindre complètement à la vue de groupes de garçons.
Tout est dit dans cette séquence d'ouverture très bien rythmée aussi bien au niveau des images que du son: cette "bande de filles" est condamnée à se cacher des hommes pour pouvoir s'exprimer.
Le terrain de football, la chambre d'hôtel, le terrain vague faisant office de ring sont autant de sas leur permettant de s'exprimer librement.
Mais à quel prix? Affublés de leurs tenues de foot US, elles perdent toute féminité, à l'inverse, elles volent des robes pour retrouver cette féminité pour ensuite la reperdre dans ces violents affrontements sur le terrain vague où la première qui dévoilera la poitrine de l'autre, en lui enlevant son haut, aura gagnée.
L'issue du combat est fatale pour la perdante: se faire couper les cheveux par son père. Nous voici donc au paroxysme de la perte totale de féminité pour ces jeunes filles qui ont la plupart les cheveux longs.
Si au début du film Marieme a tendance à subir les événements, elle va petit à petit s'émanciper et décider par elle-même de ce qu'elle veut mais surtout de ce qu'elle ne veut pas.
Elle finira par s'émanciper totalement en prenant le contrôle de l'ultime sas, le cadre cinématographique, en décidant d'apparaitre et de disparaître quand elle le désire dans le champ.
"Bande de filles" nous offre aussi de magnifiques moments de grâce comme ce travelling latéral sur les visages de ces filles ou encore les scènes d'accolade et de danse entre nos quatre héroïnes. Sans oublier la musique qui est un formidable compagnon aux images.

JulienGauthier
7
Écrit par

Créée

le 30 mai 2015

Critique lue 345 fois

Bande de filles

Bande de filles

7

Hypérion

le 27 oct. 2014

Suivre

Bande à part

Bande de filles a mis un temps considérable à me séduire. Économe, voire avare dans ses mécanismes narratifs, j'ai mis un sacré moment à m'imprégner de cette ambiance faussement légère, de ses...

Bande de filles

Bande de filles

5

Sergent_Pepper

le 24 nov. 2015

Suivre

Entre les dures.

Entre Naissance des pieuvres et Bande de filles, il n’y a qu’un pas, mais il est de taille : la prétention à servir un discours sociologique. Dans son premier film, Céline Sciamma traitait aussi de...

Bande de filles

Bande de filles

1

Eren

le 1 nov. 2014

Suivre

La banlieue pour les nuls

Le dernier long-métrage de Céline Sciamma n'a rien de décoiffant pour tous ceux qui ont passé ne serait-ce qu'une demi-heure dans les cités ou dans les environs dits "touchés" de Paris,...

Le Village des ombres

Le Village des ombres

7

JulienGauthier

le 30 mai 2015

Suivre

Good French Horror

L'un des meilleurs films d'horreur/fantastique français de ces dernières années. Un scénario intelligent avec quelques maladresses et quelques facilités par moments pour faire peur. Bonne ambiance...

Iron Man 3

Iron Man 3

8

JulienGauthier

le 5 avr. 2014

Suivre

Ce n’est pas l’armure qui fait le héros. Mais l’homme qui est à l’intérieur.

Une petite déception. Toute petite après réflexion. Parce qu’on en a fait des tonnes et qu’on s’attend à quelque chose que l’on a pas. Parce qu’on s’est déjà fait notre propre film dans la tête...

Un troisième visage

Un troisième visage

10

JulienGauthier

le 27 mars 2013

Suivre

L'homme au cigare

Certainement l'une des plus passionnantes autobiographies d'un cinéaste. Fuller nous raconte son parcours, sa vie avec sincérité et émotion sans ménager son lecteur: il dit les choses comme elles...