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Milano Violenta
Film fondateur du genre du poliziottesco, autrement appelé néo-polar italien par chez nous, Bandits à Milan est réalisé par Carlo Lizzani, ancien assistant de Rossellini après la guerre, militant...
le 12 mai 2025
Film fondateur du genre du poliziottesco, autrement appelé néo-polar italien par chez nous, Bandits à Milan est réalisé par Carlo Lizzani, ancien assistant de Rossellini après la guerre, militant communiste et antifasciste, dont les idées vont irriguer l'intégralité de sa filmographie avec des films très engagés, que ce sois dans le néo-réalisme sur le thème de la résistance, ou bien encore dans le western, le polar et le cinéma politique, avec notamment l'excellent San Babila en 1976.
Pour résumer, Banditi a Milano est l'évocation d'un fait divers sanglant dont Milan fut le théâtre : l'attaque de quatre banques en 40 minutes par la bande dite de Piero Cavallero. Le film nous plonge d'abord du côté de la police sous la forme d'un faux reportage pour la télévision, nous présentant divers actes de violences récentes, avant de passer du côté des fameux bandits, dans une narration éclatée en flash-back, avec une reconstitution minutieuse des faits, de la préparation des braquages, jusqu'à leur cavale...
Filmé caméra à l'épaule en décors réels, Carlo Lizzani nous donne ici une dimension ouvertement documentaire, comme une sorte de néo-réalisme dégradé, pour coller au mieux aux événements entachant cette Italie de la fin des sixties (qui correspondent alors au début des années de plomb avec, un an plus tard, l'attentat de la piazza fontana à Milan en 1969). C'est ce souci du détail, couplé à un style très nerveux qui donnera sa marque de fabrique au genre du poliziottesco, évoqué en début de critique, avec braquages, agressions et poursuites urbaines qui vont rythmer ces films, documentant la violence de cette période.
Notons également les superbes prestations des acteurs, Gian Maria Volonté en tête, qui donne toute sa verve au film ainsi qu'une bonne dose de cynisme et d'humour noir bienvenu, apportant un peu de distance à l'ensemble, le métrage ne tombant jamais dans le pathos ou dans la lourdeur (de même, les témoignages dans le faux reportage du début son souvent assez drôle de mauvaise foi). Le film se termine d'ailleurs sur les rires exaltés de Volonté, alors fraîchement capturé, comme pour souligner l'absurdité de ce déchaînement de violence qui s'abat alors sur le pays. Lizzani a part ailleurs ici l'habileté de souligner à plusieurs reprises dans le film, que les bandits en question n'ont pas de casier et n'ont pas le profil type du délinquant, comme un commentaire sur le fait que l'agressivité et la brutalité peuvent également se transmettre à une certaine classe moyenne sans histoire.
À travers sa mise en scène nous donnant un sentiment de pris sur le vif et d'urgence permanente, grâce au mélange des codes esthétiques du reportage et du néo-réalisme, Carlo Lizzani ouvre la voie au cinéma des années de plomb, lui qui n'aura eu de cesse de mettre l'Italie de son époque face à ses démons, celui-ci nous offre ici une vraie date dans l'histoire du cinéma italien. Il sera alors suivi par d'autres grands noms, tels que Enzo G. Castellari ou bien Fernando Di Leo, qui dans un esprit plus porté vers le divertissement, reprendront à leur compte certains films américains, comme French Connection, Dirty Harry et autre Death Wish, pour nourrir leur lecture de la société italienne des années 70.
Vu à la rétrospective Carlo Lizzani à la Cinémathèque, le film peut décontenancer au début par sa narration et son montage très sec, mais impossible de ne pas être emporté par sa deuxième moitié, absolument dantesque. Espérons qu'un éditeur se penche dessus pour nous sortir une belle édition physique.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les Parkings d'or 1968 et Poliziottesco : Néo-polar italien
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le 12 mai 2025
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