Sorti en 1981 et réalisé par Terry Gilliam, Time Bandits est un film fantastique à l'imagination débridée et à l'humour absurde, dans la même veine des Monty Pythons. On y retrouve d'ailleurs John Cleese et Michael Palin, sans oublier ce fou de Terry Gilliam derrière la caméra. On y retrouve aussi le goût pour l’absurde et l’étrange, la farce grinçante et les références constantes au surréalisme et à l’époque médiévale, qui ont fait leur marque de fabrique. Et comme la plupart des films de la troupe, Time Bandits est un vrai foutoire et tout ça, ça n'a pas beaucoup de sens. Le scénario passe clairement au second plan et laisse libre à cours à l'imagination folle de Terry Gilliam, qui prend un malin plaisir à déjouer les attentes des spectateurs et à nous emmener là où on ne s'y attend pas.
Kevin (Craig Warnock) est un jeune garçon qui vit dans les années 80, ou plutôt dans une vision futuriste ou dystopique des années 80. Ses parents ne s'intéressent guère à lui et Kevin préfère donc se réfugier dans sa chambre, avec pour seul ami son imagination. Mais voilà qu'un beau jour, il découvre que son armoire sert de passage vers un autre espace temps, duquel sort un cavalier et des nains possédant une carte temporelle. Les nains sont poursuivis par leur maître, L'Être suprême (Ralph Richardson) et le Mal pur (David Warner). Kevin se retrouve alors embarqué, bien malgré lui, dans leur aventure à travers le temps et les dimensions. Kevin va alors croiser Napoléon (Ian Holmes), Robin des Bois (John Cleese), le Titanic, des ogres et il va même remonter jusqu'à l'époque de la Grèce antique pour y rencontrer le roi Agamemnon (Sean Connery).
Bon déjà, pourquoi ne pas avoir traduit Time Bandits en Bandits du Temps en vf ? Ça, ça m'échappe ! Mais passons, Time Bandits est un film vu dans la tête d'un jeune garçon. C'est donc un film à voir avec ses yeux d'enfant, avec des nains, des ogres, une forteresse du mal, un Être suprême et le Mal pur. Kevin n'a que son imagination et ses rêves pour s'évader. il a des parents étouffants, qui l'empêchent de rêver, alors que lui ne rêve que de ça, s'évader. Le Mal pur, ça peut être vu comme cette entité qui, à l'image de ses parents, l'empêche de rêver et de croire en ses rêves. Kevin a besoin d'aventures et ces nains/bandits qui voyagent dans le temps lui offre cette opportunité de s'évader d'un quotidien bien morne.
Avec Time Bandits, attendez-vous à être embarqué dans des aventures barrées et nonsensiques. Il ne faut pas chercher une explication à tout, même s'il va bien falloir qu'on discute de cette fin assez énigmatique et qui m'a beaucoup surpris ...
Aprés avoir vaincu le Mal pur, Kevin retourne dans son monde, mais sa maison est en feu. On croit d'abord qu'il se réveille d'un rêve, mais il retrouve des photos prises durant son passage dans la Grèce antique. Ce n'est donc pas un rêve. Et pendant que la maison brûle, les parents de Kevin continuent de se préoccuper des biens matériels possiblement perdus dans l'incendie et ne s'inquiètent toujours pas de leur fils unique qui est récupéré dans les décombres par les pompiers. Et dernier rebondissement, les parents indignes meurent en voulant récupérer leur four (qui contient le Mal pur ?). Et alors que ses parents sont morts sous ses yeux, le pompier joué par Sean Connery (une réincarnation du roi Agamemnon ?) adresse un clin d'œil final à Kevin. Ce clin d'œil final est pour le moins déconcertant. Est-ce un happy-end ? La perte de ses parents, est-ce une libération pour Kevin qui pourtant devient orphelin ? Voilà un contre pied bien étrange de la part de Terry Gilliam, dont je ne suis pas sûr d'avoir bien compris le message.
Bref, sous ses airs de film complètement barré, Time bandits est une satire qui critique le monde des adultes qui sont plus préoccupés par leurs biens matériels que par leurs progénitures. Comme souvent avec Terry Gilliam, la direction artistique (décors et costumes) est très soignée et unique, elle n'appartient qu'à lui. Et comme souvent avec Terry Gilliam, le récit est bordélique et on ne sait jamais vraiment où il veut nous emmener, avec un dénouement final vraiment étrange. Mais voilà, Terry Gilliam oblige, la magie opère sur moi, même si on est loin du niveau de Brazil, du Baron de Münchausen, de L'Armée des douze singes ou autres Las Vegas Parano.