IIs n'ont rien mais ils donnent tout

Suite de ma rétrospective Kurosawa, Barberousse était un film que j'attendais tout particulièrement tant il semblait faire l’unanimité auprès des cinéphiles et des fans du maître. Je ne peux qu'avouer que je suis sorti déçu de mon visionnage.


Pendant plus de 3h, Kurosawa enchaîne les scénettes qui accumulent tous les clichés du genre du "jeune riche qui arrive dans un milieu défavorisé et remet progressivement en doute tous ses préjugés". Le film est découpé en plusieurs tableaux racontant des destins tous plus miséreux les uns que les autres au point de parfois frôler le ridicule. Le schéma se répète encore et encore et je suis triste de reconnaître, qu'après Le Duel Silencieux, Barberousse est le second film de Kurosawa où je me suis franchement ennuyé.


Tout est cousu de fil et blanc et l’œuvre sombre dans cette morale assez douteuse du "ils n'ont rien mais ils donnent tout" qui est plutôt l'apanage du film feel-good hollywoodien de l'été. Je m'attendais presque à retrouver des "BOULEVERSANT" ou des "ON RIT ET ON PLEURE" sur l'affiche.


Au-delà de ses errements, Barberousse reste appréciable sur la composition de ses plans avec, notamment, la scène de la mort de Sahachi. Parce qu'il multiplie le recours au pathos, le film arrive également sans surprise à toucher juste de temps à autre (par exemple lorsque les femmes du pensionnaire se perdent en cri dans le puits pour sauver l'esprit de Chobo).


En fait, Barberousse m'apparaît comme une mauvaise synthèse des Bas-fonds et de Vivre. Tant sur le portrait de la misère sociale au Japon (thème, de toute façon, récurrent de la filmographie de Kurosawa) que sur l'optimisme naïf mais porteur d'espoir que l'on retrouve chez certains personnages.


J'ai donc un peu de mal à comprendre cette appréciation unanime autour du film, tant Kurosawa a su proposer maintes fois plus intelligent et digeste.


5,5/10

Munka-OS
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le 10 mars 2024

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Münka OS

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