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En voilà un film qui a du style. Je me suis cru dans une chorégraphie bollywoodienne ou au lancement de chansons Disney. Dans la même trempe cosy, j'ai récemment apprécié Super Mario Bros qui emprunte une légèreté soignée pour les jeux vidéos et met en valeur la princesse Peach. https://www.senscritique.com/film/super_mario_bros_le_film/critique/287612641
La ville de Barbie Land ici, les maquettes, les détails d'un monde imaginaire en plastique, donnent une belle allure d'ensemble. Greta Gerwig avait l'embarras du choix dans la garde robe et les décors, un choix opéré avec justesse et un travail à grand coup de peinture. Même la Maison Blanche est rose, elle regroupe un gouvernement uniquement composé de femmes au pouvoir. Dans la forme féministe de son film, la réalisatrice se moque outre-mesure du côté prout prout qui veut un clivage hommes/femmes. Barbie a intérêt de rester Barbie, sous prétexte de s'exposer au regard malsain des préjugés.
La transition avec le monde réel, marque l'antithèse du féminisme de Barbie Land. Un Los Angeles patriarcale, des cadres d'entreprise exclusivement masculins, Barbie va découvrir une nouvelle sphère adulte conservatrice et machiste. Ken s'émancipe quand à lui et se retrouve en phase avec cette société. Il y a un parallèle avec Toy Story qui joue sur les tableaux de l'univers des jouets et du vrai monde urbain. Si on réfère néanmoins Barbie à Jessie dans le célèbre Pixar, le passage sur l'adolescence n'est que peu mentionné. D'ailleurs l'arrivée de Gloria et sa fille Sacha est peut être mal utilisée. Âgée d'une quinzaine d'années, Sacha est un rôle qui méritait une plus grande importance dans les mœurs ados et la fin des poupées.
Au milieu d'un scénario mi-comique / mi-adulte, Margot Robbie peut tout jouer en actrice principale. Belle surprise aux côtés de Di Caprio dans le Loup du Wall Street, portant à bout de bras The Suicide Squad en Harley Quinn, elle donne à nouveau une impression taillée sur mesure pour Barbie ce coup-ci... MAIS ! Vous voyez où je veux en venir, le strass et paillettes est pour Ken : il y a Ryan Gosling à ses côtés qui est tout simplement sensationnel. Ken est la plus-value au film de Greta Gerwig. Frimeur, narguant sa beaugossitude, Gosling a les mimiques et la dégaine d'une poupée maquillée. Stupéfiant. Les messages souhaitées et la nature du film sont à la fois embélies et calfeutrés par ses pitreries.
En regardant au delà des vannes grand public, on songe donc fortement que le film Barbie n'aurait pas eu le même aura sans Gosling. Greta Gerwig se perd parfois en voulant marteler une multitude de morales et le rythme s'essouffle une ou deux fois. Des imperfections relatives meublées par une production Warner Bros aux petits oignons. Même si elle n'échappera pas à une appréciation commerciale malgré elle, Barbie nous a fait faire un tour de toboggan pour le moins original et déconcertant. Et mention toute particulière à la musique Make your own kind of music de Paloma Faith dans la bande annonce !
Créée
le 7 sept. 2023
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