2.99 euros, ce matin à Carrefour : je me suis dit que je pouvais m'offrir cette folie (sans mettre en péril l'équilibre financier du ménage), ce DVD que deux de mes éclaireurs (Pierrick et Plume) avaient commenté avec des notes respectives de 1 et 6, attisant ma curiosité.
D'autant que je ne connais que de loin le jouet (la poupée et ses accessoires) puisque chez moi (par chance ?), le phénomène n'a pas ou peu perfusé.
Du coup, pour 2.99 euros, ça me permettait de m'instruire et de découvrir le nom de la société qui fabrique ces jouets : Mattel, qui a produit le film et qui ne se gêne pas trop pour rappeler régulièrement son existence à notre bon souvenir. On est bel et bien dans une somptueuse opération publicitaire certainement fort profitable.
Surtout quand Ken ou Barbie se désapent et que le vêtement apparait en incrustation immobile à l'écran avec la référence pour pouvoir plus facilement le commander. Il manquait juste le "gling gling" du tiroir-caisse. C'est vrai qu'aujourd'hui, avec la carte bancaire, on paye en silence.
D'un côté, les premières images montrant l'avènement de la poupée Barbie en pastichant le début de "2001, l'odyssée de l'espace" avaient bien retenu mon attention sur la différence entre une poupée classique (un bébé) et la poupée Barbie (une femme adulte) en insistant sur le fait qu'il s'agissait d'une volonté de toute petite fille moderne qui se respecte. Déjà, là, je me dis qu'on pousse peut-être un raisonnement un peu trop loin et que sur ce sujet, on est en plein paradoxe de l'œuf et de la poule. Il n'y a rien de plus efficace dans notre société consumériste que de susciter un besoin pour que le besoin devienne une exigence.
De l'autre côté, voyant qui est à l'origine du film, je ne pouvais guère avoir d'illusion sur une éventuelle vision ou analyse critique du phénomène Barbie sur l'enfance et la société. Mattel ne va quand même pas se tirer une balle dans le pied, ce que je peux comprendre … Alors, bien entendu, Mattel fait une légère auto-critique puisque la taille mannequin de Barbie avait rendu beaucoup de petites filles malheureuses. Oui, d'autant que Mattel a su réagir en créant des poupées moins normées et plus recevables …
Là où j'ai cessé d'adhérer au film c'est dans les longs développements sur les états d'âme de Barbie l'obligeant à rejoindre le monde des humains (= les gens qui achètent et jouent avec les poupées) et la vraie vie pour y découvrir le manque de considération de la femme dans la société. Oui, bien sûr … Et je ne parlerai pas de la lutte entre les Ken et les Barbie pour le pouvoir dans Barbieland pour une raison simple. C'est que je ne suis pas sûr d'avoir bien compris l'objectif recherché par Mattel ni les enjeux de la bagarre où matriarcat et patriarcat se renvoient la balle. Est-ce bien là un problème,d'ailleurs ?
Dernier point, la musique genre disco ou pop, m'a un peu gâté le reste de plaisir à prendre dans ce film.
J'imagine certaines raisons du succès du film par l'aspect nostalgique de retrouver dans Barbieland les nombreux accessoires incontournables qui accompagnaient la (ou les) poupée (s) (les maisons, les voitures, les ustensiles, les vêtements, etc ) qui étaient certainement bien reconstitués.
Au final, je pense que j'aurais pu économiser mes 2.99 euros parce que le film – rose bonbon - que j'avais imaginé au moins amusant s'est plutôt révélé ennuyeux …