Le film aurait pu être top mais la cohérence n’y est pas, tant dans le scénario que dans le choix de certains acteurs. Si Anta Diaw fait une bonne prestation dans le rôle d’Haby, le choix d’acteur pour jouer le Maire Pierre Forges aurait pu être tout autre. Selon moi, reprendre Alexis Manenti était un pari risqué. Non pas que son jeu soit mauvais mais ce choix, additionné à la thématique de l’oppression systémique que subissent les habitants des banlieues plus encore une fin ouverte, nous ramène avec force au précédent film de Ladj Ly, Les Misérables…
De plus, je trouve cette fin inadaptée, beaucoup de points ont en effet été survolés, inexplorés. Pour n’en prendre qu’un seul. Haby ne cesse de s’affirmer tout le long du film avec une grande force et une envie, un besoin de changer les choses. Seulement, les cinq dernières minutes du film, la flic lui demande pour une énième fois de rentrer chez elle, elle n’a plus de chez mais elle y retourne, scène de fin. Peut-être aurais-je aimé voir Haby aller au bout de son combat? Sans parler de la relation entre Forges et sa femme qui l’avait pourtant bien prévenu des risques liés à cette fonction. Quelle solution a finalement été trouvée pour reloger les familles? J’aurais vraiment aimé plus de développement.
Quoiqu’il en soit, je reconnais bien là le style de Ladj Ly et le respecte, peut-être ne veut-il pas enjoliver son scénario mais, pour ma part, il est clair que je n’irais pas au-delà d’un troisième film de ce genre. Avoir une signature c’est bien mais elle ne se résume pas en une formule magique que l’on appliquerait à chacune de ses réalisations pour que cela fonctionne. Son histoire et ses personnages comptent, cela reste un film! Sinon, ne vaudrait-il pas mieux se tourner vers des documentaires?