Une découverte tardive de cet univers. J’appréhendais le visionnage du film, n’étant pas particulièrement attirée par ce genre à première vue. Pourtant, en connaissant très peu le personnage et son monde, je me suis laissée surprendre.
Christian Bale offre à Batman une interprétation nuancée, profondément humaine. Son Bruce Wayne est vulnérable mais déterminé, un homme qui se construit sous nos yeux. « Nous tombons pour mieux apprendre à nous relever » : ce dicton résume parfaitement son évolution tout au long du film. Même la création de son costume, de son symbole et de tout son univers encore artisanal témoigne d’un héros en devenir, imparfait, en construction. D’ailleurs, le mot « héros » semble presque prématuré : les habitants de Gotham ne sont pas encore prêts à le reconnaître comme tel.
Les choix créatifs de Christopher Nolan renforcent cette dimension sombre et réaliste. Gotham apparaît comme un amas de bâtiments étouffants, notamment sur l’île, où la ville semble se replier sur elle-même. Le contraste social y est frappant : d’un côté, les quartiers riches baignés de lumière et de hauteur ; de l’autre, les zones défavorisées, rongées par la criminalité et la corruption. Cette fracture visuelle et morale donne à la ville une présence presque organique, comme si elle était un personnage à part entière.
Et contre toute attente, j’ai vraiment beaucoup aimé le film et j’ai passé un agréable moment.