Soirée plateau télé où l'on cherche quoi regarder : à la vue de Batman Ninja, on décide de tenter le coup se disant qu'on tient là un film qui va être drôle soit par son écriture déjantée, soit involontairement par son mélange improbable. Au final, il y a des deux.
Gorilla a créé une machine à voyager dans le temps qui projette Batman, plusieurs de ses amis et nombre de ses ennemis au Japon féodal. Chacun n'est pas arrivé au même moment permettant ainsi au Joker d'asseoir sa place, pendant deux ans, en tant que shogun. Poison Ivy, Le Pingouin, Double-Face et Deathstroke jouent chacun le rôle d'un shogun, référence peu masquée à Nobunaga et l'ère Sengoku. Batman se retrouve fortement démuni et bien perdu dans ce monde où ses gadgets ne peuvent être utilisés. Heureusement il peut compter sur Catwoman, Alfred (le plus fidèle des amis) mais aussi le clan des chauve-souris : un clan qui vit en croyant à la légende de la chauve-souris légendaire (aka Batman). On y retrouve d'ailleurs trois des Robins qui ont profité de leurs deux ans dans le passé pour perfectionner cette petite armée. Red Hood est aussi présent, mais se révélera plus tard.
Donner plus d'informations sur l'intrigue gacherait le plaisir de le visionner. Si Batman Ninja n'est pas un film d'animation culte, il est excellent pour une soirée entre amis ou même si vous souhaitez regarder un film sans vous prendre la tête. L'écriture est volontairement déjantée et a décidé de prendre tout ce qu'y a de plus "wtf" dans la japanimation : les mechas, les fusions de mechas à la Power Rangers, les kaiju, les ralentis et cadagres improbables lors des duels... Volonté de rendre hommage ou simplement pari audacieux ? On ne le saura jamais vraiment.
Les références à l'univers DC sont légion et même projetés au Japon féodal les personnages restent fidèles à leur caractérisation. Je pense notamment à Red Hood qui prend les allures d'un rônin en quête de vengeance (et dont le passage à l'extrême violence est censuré par un soudain changement de charte graphique, assez perturbant).
Batman Ninja opère un grand écart conséquent entre une fidélisation aux personnages et un univers qui surjoue dès qu'il le peut. Le scénario demeure cohérent jusqu'au combat final où les scénaristes ont décidé de tout donner.
Impossible de rester sérieux face à ces fusions de singe et de chauve-souris créant des kaijus pour se confronter à un mecha composé de châteaux de shogun. Et la scène finale se permet le luxe de briser l'anonymat de Batman avec Bruce Wayne buvant le thé dans son palanquin batmobile.
Le film mérite d'être vu au moins une fois, rien que pour se payer de bonnes tranches de rire et voir des personnages DC dans le Japon médiéval. Le Joker demeure l'antagoniste au cœur du récit, tandis que les autres sont mis de côté, ce qui est bien dommage. Mais ça aurait pu étirer une sauce qui arrive déjà à tenir pratiquement 1h30 ce qui n'était pas chose facile vu le concept. En plus l'animation demeure de bonne facture avec là encore un mélange improbable entre des personnages aux traits dignes d'un comics mais animés tels des personnages d'anime nippons.
Pour le must du film d'animation un peu nanardesque, regardez le film en japonais. Rien que pour entendre Batman s'exclamer en japonais, les doubleurs se donner à fond dans leur rôle et Gorilla introduire le récit avec la voix de Dio de Jojo.