Plus j'y pense, plus je me dis que Youth in Revolt est une tentative de transposition d'Eternal Sunshine of the Spotless Mind en version adolescente.
Une tentative plutôt réussie, qui en fait un très chouette teen movie. Pour peu que l'on soit client, on n'est pas loin de penser que c'est le bonheur : les dialogues sont ciselés, les acteurs secondaires sont parfaitement castés, les situations font mouches et Michel Cera, que l'on voit à foison dans ce rôle de mec-touchant-un-peu-en-marge, réussit le tour de force de ne toujours pas énerver.
Cela ne suffit pourtant pas à complètement cacher ce fort goût de Canada Dry. Par rapport au film de "grands" qu'est Eternal Sunshine, tout est un peu trop édulcoré et/ou enjolivé. L'histoire est bateau et l'imperfection est bien trop parfaite, jusqu'au cachet indé-cool du film à la patte parfois gondry-esque.
Je ne demande pas à Youth in Revolt d'être une version ado des Noces Rebelles, mais j'aurais aimé une version un peu moins magnifiée de l'amour et de sa réalisation, quelque chose de plus réaliste, c'est à dire de moins imparfait dans sa perfection. De plus crédible et intelligent dans le scénario. Ca n'en reste pas moins un très chouette film, et probablement un futur film culte pour son public adulescent.
(Par contre, la version über-male de Cera, si je dis bravo sur le papier, je dis über-fail visuellement. On dirait Françoise Sagan. Avec une moustache.)