Ça doit bien faire 10 ans que je n'osais pas m'attaquer à la trilogie emblématique de Linklater.
Pas seulement parce qu'il pitch Boyhood dans les dialogues du film, cette romance renferme avant l'heure l'essence de l'approche Linklater : un cinéma touchant saupoudré d'intellectualisme .
Ce chaînon manquant entre Ma Nuit Chez Maude et Minuit à Paris, avec une production minimaliste et une charmante simplicité, incarne bien ce qu'un américain peut faire de l'esprit de la Nouvelle Vague.
L'ambiance nostalgique qui se dégage de ce film des années 90 est amusante à mettre en perspective. La jeunesse d'alors semblait déjà regretter la sérénité et l'élégance des anciens, elle qui se trouve submergée par une infinité de possibles. Ni internet ni les applis n'existaient pourtant à date. Vienne sert d'écrin intemporel à ce manuel de dating analogique.
Le film se laisse regarder tout seul, quoi de plus facile en filmant en gros plans des acteurs aussi séduisants. Nous avons là une ode à la simplicité, comprise dans un budget et un ton de cinéma français mais en beaucoup plus optimiste et cool que ce que la plupart des romances européennes sophistiquées ne proposent d'habitude.
J'ai aimé ce film sans être bousculé ni surpris, je l'ai aimé comme on aime un vieux train qui arrive à l'heure.