Georges Duroy n'est en rien déterminé quand il erre dans les rues de Paris, le ventre creux, misérable, bavant devant les gueuletons et la richesse des nantis qui ne le voient même pas. Le hasard met sur sa route Charles Forestier, compagnon de guerre devenu journaliste politique. Charles tend la main à Georges, une main précieuse qui le sort du caniveau. Puis c'est la rencontre des femmes : celle de Georges, Madeleine ; Clotilde, une amie de Madeleine ; Virginie, la femme du patron du journal. Trois nymphes qui tombent sous le charme de Georges et vont lui permettre de se hisser vers la réussite...
L'image est belle, très belle. Les femmes sont superbes, appétissantes, faciles. Georges apprend d'elles, autant que des hommes qui l'entourent. Georges a un plumage remarquable et une intelligence suffisante pour comprendre rapidement où sont ses intérêts.
Clotilde, sa maîtresse amoureuse, toute jeune, vive, aimant faire la fête, riche, sans scrupules, le prend à charge, avec ici ou là, des relents de jalousie mal placés. Elle dégrossit Georges le miteux pour en faire Bel Ami.
Madeleine lui apprend à écrire et l'éblouit de son intelligence, de ses manigances. Jamais prise au dépourvu, la femme sait tout sur tout le monde, place habilement ses amitiés masculines, et commet quelques erreurs en manipulant Georges, ce qui le rend amer et à son tour calculateur.
Quant à Virginie, la pauvre... Georges l'utilise pour prendre quelques revanches sur son mari et Charles Forestier après que ceux-ci l'aient rejeté du journal et donc balancé retour au caniveau.
Que veut Georges au fond ? D'abord sortir de la misère, puis être aimé, puis être considéré, ne plus être raillé, qu'on le prenne au sérieux. Et finalement se mettre à l'abri.
Les acteurs sont incroyables et Pattinson m'a convaincue tout de suite*. Autour de lui, les trois nymphes que sont Christina Ricci, Uma Thurman et Kristin Scott Thomas, volettent avec grâce et langueurs. J'ai ressenti des tensions, des appréhensions, il y a de l'humour : il a la santé de sa jeunesse le Georges ^^.
Le livre est respecté dans son ensemble, quelques ellipses mais dans l'ouvrage aussi il y a des aspects que j'aurais aimé voir plus développés sur la fin.
* Je n'ai jamais eu de rancune envers Twilight, dont je trouve que c'est une oeuvre respectable, qui sied parfaitement au public visé : ados et jeunes adultes. Je l'ai d'ailleurs regardé quand une de mes jeunes amies a fait preuve d'un grand enthousiasme pour le loup-garou qu'elle trouvait plus chaud que le vampire ^^ Ce qui a donné lieu à des échanges sur l'attraction érotique pour l'un ou pour l'autre :-)
J'ai demandé hier à Val ze guardian (mon cinéphile référence avec une mémoire et une culture de ouf) pourquoi les gens n'aiment pas Bob et j'ai beaucoup apprécié sa réponse. Tous les deux, on n'attend qu'une chose : que Bob montre de quoi il est capable (Allez le voir dans "Le Diable tout le temps", ça vous fera les pieds).
Ah mais depuis Bel Ami, c'est déjà fait.