Premier long-métrage de la réalisatrice, le film aborde frontalement ce qu’a provoqué le confinement chez bon nombre d’entre nous : se retrouver face à soi-même et être obligé de se poser des questions existentielles, de remettre en cause ses choix de vie.
Malgré des moyens limités, le film est solide grâce à la crédibilité et au naturel des actrices. La sororité du trio d’actrices fonctionne de manière très fluide. Et c’est bien cette communion entre femmes qui est célébrée dans le récit. Belladones n’est pas un pamphlet déprimant et étouffant mais une œuvre exaltante et libératrice. Ce moment entre filles est l’occasion de franches rigolades mais c’est aussi un examen de conscience. Et se confronter à soi-même n’est pas forcément une partie de plaisir. Ainsi le film joue avec nos nerfs, passant d’une douce candeur à des moments glaçants. Il mélange astucieusement les genres, allant de la chronique sociale à la comédie, du film philosophique au film fantastique. Et comble de bonheur, il se termine sur une très belle scène de sabbat, où les protagonistes se livrent autant à une danse qu’à une transe sur fond de bruits gutturaux. Tout l’aspect intellectuel et rationnel laisse alors place à une poésie brute et animale venue d’un autre temps.