Sorte d'expérience visuelle arty venue d'ailleurs, ce Kanashimi No Belladonna - du cinéaste Japonais Eiichi Yamamoto - nous emmène dans un maëlstrom visuel incroyable.
Ne connaissant absolument pas le travail de cet homme, je n'en fus que plus soufflé! Narrant l'abandon d'une femme
à la cause du Diable - suite au fameux « droit de cuissage » exercé par le Seigneur, ainsi qu'au désintérêt croissant de son compagnon envers elle, alcool aidant
-
Yamamoto explore la Chrétienté dans son imagerie iconique et ses sombres travers.
Il est d'ailleurs intéressant qu'un Oriental né d'une culture complètement différente de la nôtre, ait su aussi bien manier nos codes visuels et historiques.
C'est un peu comme si un français pure souche, s'essayait à reproduire les codes Japonais (oops, on me dit dans l'oreillette qu'un certain Luc Besson et son pote Gérard Krawczyk, ont déjà tentés de le faire...)!
Mais ne mélangeons pas les diamants et les graviers, voulez-vous!
Ce film expérimental ne peut laisser de marbre avec son style très particulier donnant une ambiance à nulle pareille en alignant des séquences violentes
principalement les scènes de viol et d'exécution
alors que d'autres sont extrêmement morbides
le passage magnifique et funèbre, traitant de la Peste Noire
et même parfois poétiques
les moments illustrant l'amour, le désespoir ainsi que l'exécution de Junne sur l'incontournable bûcher final
).
De cet objet filmique non identifié émane une aura envoûtante en diable (…) jamais vu ailleurs (du moins, à ma connaissance).
Il est à noter que l'érotisme de l'ensemble n'est jamais graveleux, mais penche plutôt vers une certaine poésie visuelle (bien que le Diable en lui-même ait une apparence phallique on ne peut plus réelle!)...
Œuvre invisible durant une très longue période (quelques projections cependant, lors de certains festivals), Kanashimi No Belladonna a ressurgi dans les années 2000 au Japon (via une édition DVD) avant d'être restauré par Cinelicious (une société de distribution US) pour une ressortie ciné en 2016.