Dupontel a l’art de nous compter des histoires sordides mais qui sont soutenables, car il le fait avec ce décalage qu’il maîtrise parfaitement, et ce depuis la période où il faisait du One Man Show.
Pour son premier film, il se met en scène dans un récit de recherche d’identité par un mec qui a grand entre quatre murs, entre violence et totale désocialisation. Son personnage va chercher à sortir de cet orphelinat pour retrouver ses parents qu’il a fantasmés comme étant des êtres supérieurs et qui s’avèrent des ordures finies.
Entre viol, meurtre, prise d’otage, drogue, alcool et violence, le scénario nous montre une France déclassée, allant au-delà des gens marginaux, lorgnant plus sur des oubliés du système, des invisibles mais qui sont omniprésents.
On rigole souvent mais sur des choses dont on devrait avoir honte, car nous sommes complices de ce que l’on feint de ne pas voir.
Il appuie là où ça fait mal, et le côté très Tex Avery de l’entreprise sauve tout ceci d’une horreur qui serait totalement inregardable. Comédie noire, ou drame rigolard, ce film n’est pas le plus abouti de Dupontel mais porte déjà les germes de ce qu’il trimballe dans sa filmographie, à savoir une vraie mélancolie de clown blanc qu’il cache sous des atours pervers, en n’oubliant pas en route des vrais moments de tendresse et de poésie. On rit quand on devrait pleurer et hurler.