Alors voilà. Aujourd’hui, je vous parle d’un OVNI du cinéma français : Bienvenue chez les Rozes. Un film sorti en 2003, réalisé par Francis Palluau. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas un simple huis clos. C’est une comédie noire, tordue, jubilatoire. Un de ces films où on rigole… et où on se demande si c’est bien de le faire.
L’histoire est simple, en apparence : deux prisonniers évadés – joué par Lorànt Deutsch et Jean Dujardin, encore tout jeune mais déjà magnétique – prennent en otage une famille bourgeoise bien rangée, les Rozes. Et là, on s’attend à la panique, au drame… Mais non. Ce sont les otages qui deviennent inquiétants. Les masques tombent, les secrets de famille remontent, et très vite, on ne sait plus qui est le monstre dans cette maison.
La mise en scène est d’une précision chirurgicale : tout se passe quasiment en huis clos, mais on ne s’ennuie pas une seconde. C’est filmé avec une élégance discrète, presque théâtrale, comme si on assistait à une pièce absurde. Les silences sont pesants, les regards, acérés. Il y a quelque chose de Chabrol dans le ton… mais en plus farfelu, plus corrosif.
Car le film est drôle, mais c’est un rire grinçant, un rire qui met mal à l’aise. On rit de la décadence, de l’hypocrisie, de la médiocrité ordinaire. Car cette famille “modèle” est bien plus dangereuse que les deux petits voyous qu’elle accueille… avec une hospitalité dérangeante.
Mention spéciale à Carole Bouquet, impériale, et André Wilms, incroyable de subtilité dans la monstruosité feutrée. Ce duo de parents est glaçant, touchant… et terriblement drôle. Et puis il y a Clémence Poésy, toute jeune, en ado glaciale, presque spectrale.
En fait, Bienvenue chez les Rozes, c’est un uppercut en velours. Une satire sociale qui dérape, un huis clos qui explose les apparences. C’est le genre de film dont on se souvient. Qui vous laisse un petit goût amer… et l’envie de le revoir. Parce qu’il dit beaucoup, en riant, sur ce qu’on cache derrière les façades bien propres.
Et ça, franchement, c’est du bon cinéma français. Osez-le.”