Résumé
Aussi touchant émotionnellement que pertinent politiquement.
Détails (et spoilers)
Billy Elliot parle avec une grande justesse du déterminisme qui enferme, et du courage qu'il faut pour le combattre. Il sera ici question d'injonction à une masculinité orthodoxe quand le jeune Billy voudra se mettre à la danse, pratique attribuée aux femmes ou bien à ceux qui ne seraient pas vraiment des hommes finalement.
Bien traité et utile, ce sujet n'est pourtant pas le seul du métrage. La grève des mineurs et l'identité de genre feront des contours plus qu'intéressants à ce récit central d'un jeune homme dont la passion n'est pas si simple à assumer. Les conditions socio-économiques de la famille ajouteront cette touche de drame que certain·es trouveront excessive, bien qu'elle apparaisse tout à fait à propos à mes yeux. De plus, le fil rouge de l'orientation sexuelle de Billy sera abordé avec une forme de pudeur qui laissera tout de même la place à une belle relation avec son ami Michael. Ce dernier étant un personnage secondaire intéressant tant son parcours et son identité de genre complèteront idéalement la célébration d'une vie en dehors des normes genrées.
Pied de nez aux injonctions en tout genre, le film de Stephen Daldry, sans être le mieux interprété de l'histoire, proposera une esthétique et une mise en scène appréciable dans un fresque politico-sociale de grande qualité. Je pense notamment aux évolutions connues par le père et le frère de Billy, perturbés par leurs luttes politiques et adversaires de la mortifère répression thatchérienne, et dont la réticence première s'effacera progressivement pour aboutir à soutien très émouvant dans les dernières minutes de cette magnifique histoire de lutte(s) et de tolérance.
9.5/10.
(Vu en VOSTFR)