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le 16 mars 2025
SuivreRien qu'une larme
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Shiori itõ exilée du Japon, loin des siens, doit combattre ses propres démons pour dévoiler au grand jour l'agression sexuelle avec viol qu'elle a subi à 25 ans par un homme puissant, protégé.
Le plan durant lequel on voit des pas pressés dans la rue, des pas d'hommes mais pas que, est surtout terrible à entendre ces "braves" gens parler à voix haute d'elle, qui a eu le courage de témoigner à visage découvert pour que plus jamais ça et que les femmes victimes de viol ne se taisent plus et parlent. Ce ne sont pas elles, les victimes, à avoir honte, à se cacher mais aux agresseurs à être mis au banc des accusés et à répondre de leurs actes.
Voilà, nous sommes en 2017, le procès, les audiences vont commencer. Shiori revient, trés émue, après être restée 4 ans, loin des cerisiers en fleurs au Japon, tant appréciés et magnifiques. Elle ne peut imanquablement ne pas revivre ce qu'elle a vécu quelques années auparavant, à la même période, durant la floraison des cerisiers. Tout le film est construit avec des flash back pudiques sur l'agression qu'elle a subi et des faces à faces à la caméra. Parce que Shiori a besoin de se raconter, de dire qu'il est long le chemin, pour réussir à vivre avec une blessure indélébile. Le procès approche à grand pas, les audiences aussi, et Shiori est prise de nausées, a très mal au ventre, rien que le fait d'avoir vu une photo de son agresseur dans les journaux. Elle ne sait pas à ce moment là, si elle va réussir à se retrouver face à lui au tribunal. Elle se sent soutenue par un policier qu'elle nommera l'enquêteur A mais ce dernier lors d'un ultime appel lui propose le mariage pour pouvoir continuer à l'aider sans son combat. Shiori ne s'y attendait pas et est choquée.
Dans la rue, elle est LA femme qui a été violée il y a six mois, mais elle rencontre trois femmes âgées qui la comprennent totalement. D’autres femmes scandent des propos intolérables, la traitant de "pute" parce qu'elle portait, lors d'une audience, un chemisier avec un bouton ouvert en haut. Elle se dit que si elle était venue vêtue d'un maillot de bain, qu'auraient pu dire ces langues de vipères, sans parler de celles qui scandent des propos injustes envers elle, au sortir des audiences entre autres:
"Tu embêtes tous ces pauvres hommes, alors que tu n'es qu'une prostituée".
Bonjour la solidarité féminine! Heureusement, quelques scènes de l'arrivée à l’hôtel, avec ce bras droit du premier ministre, démontrent que Shiori est frêle, semble droguée et pas du tout dans son état normal, tirée par Noriyuki Yamaguchi plus imposant qu'elle. La caméra de vidéo surveillance ne peut "mentir", le portier présent cette nuit là, non plus. Mais on le fait taire, l'hôtel ou il travaille l'empêche de parler. Il se rétractera plus tard, désireux de raconter ce à quoi il a assisté, contactera Shiori peu de temps avant le procès. Son témoignage est essentiel car il disculpe la victime. Shiori parle de son corps roué de coups, rempli de bleus, relate noir sur blanc ce dont elle se souvient, à son réveil après avoir été droguée, le poids du corps de son bourreau sur elle, de la « fin » de son cauchemar, lorsqu’elle supplie son bourreau de la laisser aller aux toilettes pour pouvoir se rhabiller et s’enfuir. Il l’attrape au passage pour lui signifier qu’il la désirait tant et refuse de lui rendre ses sous-vêtements pour conserver un souvenir d’elle.
Entre temps Shiori devra faire face à ses démons. Comme elle nous le dit si bien, dans son reportage, "il y a un monstre en chacun de nous mais le mien m'a épargné". On devine qu'à bout, après s'être adressée à ses parents, par écran interposé, parents dont elle s'est éloignée depuis 4 ans, pour leur dire : "Merci de m'avoir donné la vie mais je ne peux plus vivre la vie qui m'a été offerte ». L’on se doute qu’elle a voulu mettre fin à ses jours.
Puis on voit Shiori s'en sortir et reprendre le chemin de l'écriture et des conférences où elle fait des rencontres de femmes qui la soutiennent.
Elle n'oubliera jamais et comme elle le dit à un moment donné : "Le viol est le meutre de l'âme", une phrase clé qui fait partie de son livre.
Si shiori pleure, c'est à des moments cruciaux, ceux où elle voit que le policier prêt à la soutenir l'abandonne, lorsqu'elle rentre au Japon en mars 2019 et voit tous les cerisiers en fleur lui rappelant la période de son agression, lorsqu'elle s'adresse à ses parents dont elle est séparée depuis 4 ans déjà et lorsque le portier de l'hôtel la contacte pour lui confirmer qu'elle peut parler de lui, donner son nom au procès. On ressent avec Shiori ce qu'elle a subi et son atteinte dans son intégrité. Va-t-elle se reconstruire, même après avoir gagné son procès? Noriyuki Yamaguchi va faire appel de la décision.
Un évènement marquant arrive: le premier ministre, son bras droit Shinzo Abe est assassiné par balles dans la ville de Nara et il est le premier à aller à son enterrement, à s'afficher publiquement.
Shiori n'aura de cesse, à travers sa propre histoire de dénoncer le viol, de rapeller que seulement 4% des femmes japonaises parviennent à porter plainte contre le viol, qu'il faut absolument briser l'omerta. Son combat portera ses fruits puisque le japon écrira noir sur blanc la notion de consentement, la majorité sexuelle sera portée à 16 ans au lieu de 13 ans.
Cela dit, la culture du viol est encore trop présente au Japon même si son livre fera avancer le débat.
Excellent documentaire récompensé lors de la 97 ème cérémonie des Oscars. Documentaire non sorti à ce jour au Japon.
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Créée
le 26 mars 2025
Critique lue 11 fois
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