C'était si beau.
L'hiver recouvrait la noirceur des mines d'un voile immaculé, les hommes dans une étreinte forcée réchauffaient leurs coeurs meurtris auprès de femmes fatales qui leur en demanderait un prix déchirant. Littéralement.
Alaska, 1940.
Ah non, Chine, 1999...
Fresque sociale, oui, film noir, aussi, film d'auteur, certainement, film intéressant? C'est à voir.
La maladie artistique de nos sociétés "capitalistes"/"industrialisées"/"évoluées" c'est bien ces "codes du genre", ces stéréotypes qui se transforment en clichés puis en simples éléments de reconnaissance sociale au gré de nos paresses et de nos lassitudes.
C'est un très beau film. Très... travaillé. Ce n'est en aucune façon une contrefaçon (pardon), ses qualités ont été unanimement louées.
Mais c'est agaçant quand même, cette manière qu'on a de se regarder dans les yeux de l'autre. Les critiques aiment car drapé dans un langage qu'on peut comprendre ce film nous tient un discours qu'on peut entendre.
Alors on peut y aller.
Mais c'est comme regarder un Tarantino parce qu'il nous donne l'impression de comprendre le cinéma: c'est pas vrai, c'est pas faux, c'est un peu post-moderne, vaguement une escroquerie et complètement passéiste.
Black Coal se situe en 1999 et il y est très bien.
Derrière la rigueur arty de "A touch of sin" - puisque la comparaison s'impose - on sentait la peur, l'état de tension extreme d'une Chine au bord de l'implosion, le futur incertain.
Ici on sent le geste d'un cinéaste.
C'est déjà bien.
Mais est-ce que c'est assez...