Black Dog
7.2
Black Dog

Film de Guǎn Hǔ (2024)

Dans le film Black Dog, ou l’homme qui se retirait de la société

On peut commenter largement la très belle photographie de l’image avec notamment les paysages désertiques dont la colorimétrie grise plonge dans une ambiance de Western moderne industrialisé. Les bâtiments et la ville prennent également, sous le jeu de la caméra une beauté plastique particulière qui renvoie à l’abandon de la ville par les humains.


La thématique principale est celle d’une amitié entre deux marginaux, un humain ancienne star sorti de prison et un chien rebelle suspecté de rage. L’homme dans son mutisme se retire de la société humaine. Ce retrait semble avoir pour cause une remise en question des codes humains (la justice, les obligations sociales…), ainsi que la violence de cette société. Le chien prend alors la place de compagnon indéfectible, soutien affectif, moral et physique lorsqu’il s’agit de défendre l’intégrité de son maître. Déçu des hommes, quelle place pour l’amitié animal ? La problème de cette relation : elle est idéalisée mais également intrinsèquement inégale. Le film manque un propos animaliste global dans la mesure où il s’agit d’un chien, hors du commun, qui mérite l’affection de l’homme. Les autres bêtes, moins intelligentes, moins fortes, doivent se débrouiller seules. Que va-t-on chercher dans l’amitié avec un animal ? Est ce que on ne va pas chercher un dévouement sans bornes et sans limite. Alors qu'au contraire, une amitié saine est une amitié ou il y a des limites, ou les deux participants acceptent d’un commun accord rationnel la relation. Je ne suis pas d‘accord avec l’idée dans une relation avec un animal on puisse trouver une relation plus profonde que celle d’un humain.

La fin du film conforte dans l’individualisme du personnage qui souhaite juste se retirer du monde avec son ami chien. Perspective peu réjouissante d’après moi et montre une défaite du collectif et du genre humain. Semble être une envie de liberté, d'échapper au collectif, se suffit à soi même avec son chien.


La pauvreté est un filigrane dispersé dans le film, en opposition avec les jeux olympiques et l’éclipse. Chacun regarde l’éclipse mais ne voit pas la ville se faire engloutir par les promoteurs ainsi que se vider


Un très beau film plastique dont le propos sur l'humanité est assez sombre.

Créée

le 25 janv. 2026

Critique lue 10 fois

Critique lue 10 fois

D'autres avis sur Black Dog

Black Dog

Black Dog

8

D-Styx

le 26 mars 2025

Suivre

Lang au chien

Black Dog offre une magnifique scène d’ouverture qui m’a captivé dès les premières secondes. Un long travelling sur un désert écrasant parcouru par une route, une piste devrions-nous dire. Soudain,...

Black Dog

Black Dog

7

Yoshii

le 4 mars 2025

Suivre

S'il vous plait, dessine-toi un sourire

En marge de l’engouement pour le cinéma populaire, sur le point de devenir le cinéma générant les revenus les plus important au niveau mondial, le circuit indépendant chinois développe depuis...

Black Dog

Black Dog

7

Plume231

le 11 mars 2025

Suivre

Le Chien et le Prisonnier !

J'avoue que j'avais peur de visionner un long-métrage rugueux, froid, cru, cruel et implacable. Alors, je n'ai absolument rien contre ce type de cinéma. Loin de là, car il y a même quelques grandes...

Du même critique

Black Dog

Black Dog

7

RealismEsthetique

le 25 janv. 2026

Suivre

Chien noir VS humanité

Dans le film Black Dog, ou l’homme qui se retirait de la société On peut commenter largement la très belle photographie de l’image avec notamment les paysages désertiques dont la colorimétrie grise...

Father Mother Sister Brother

Father Mother Sister Brother

3

RealismEsthetique

le 17 janv. 2026

Suivre

Dans la famille malaise, je demande Jarmusch

Le film est présenté comme une comédie, mais n’arrive pas à être drôle malgré ses tentatives assez lourdes. Le premier tableau joue sur un unique ressort comique : celui du père qui se fait passer...

Avatar - De Feu et de Cendres

Avatar - De Feu et de Cendres

4

RealismEsthetique

le 17 janv. 2026

Suivre

Avatar ou le shot de patriarcat

Ce blockbuster americain de Cameron est particulièrement légitime à être critiqué sous le prisme des rapports de genre dans la mesure ou les tensions autour du couple entre Neytiri et l’ancien marin...