Black Pond, c'est un premier film fait avec un budget dérisoire et probablement plus d'argent de poche des deux réalisateurs / scénaristes que de financement autre. Il vaut mieux le savoir avant de se lancer dans l'aventure, parce que ça ne ressemble à rien de connu, et c'est fait avec rien. De loin c'est semblable à une de ces comédies noires anglaises façon A Film With Me In It avec un cadavre embarassant dans une famille dysfonctionnelle, sauf que pas vraiment. C'est un drame monté de manière très étrange, avec des flashforwards où l'on voit les personnages interviewés façon docu, des bouts de film d'animation, de la voix off sur des scènes oniriques clipesques...
On a donc une famille qui s'emmerde dans une jolie maison au bord d'un lac, un type gentil un peu bizarre qui s'immisce un peu trop et qui commence à changer leur vie peu à peu jusqu'à mourir à leur table (ah, la bouffe anglaise...), et on suit la vie quotidienne des personnages résumée en une mitraille de scènes avec des gimmicks et des effets de montage dans tout les sens. On ne compte plus les scènes où le fils (joué par un des réalisateurs) est filmé de dos devant le lac ou sur un banc devant une forêt enneigée, et les passages caméra à l'épaule où il se ballade dans la rue. On sent bien l'intention de faire dans l'étrangeté un peu mélancolique avec le traditionnel humour pince-sans-rire des productions anglaises mais bon, au niveau des gags c'est pas génial, ça sent l'inspiration Wes Anderson mal digérée, et à en rajouter toujours plus dans l'étrangeté ça devient factice à mort.
Agaçant par moments, mais ça reste étonnamment attachant malgré tout. C'est rapide, original, pas trop mal joué dans l'ensemble et esthétiquement bien foutu avec trois bouts de ficelle. Oubliable mais pas désagréable pour autant.