Même si c'est un pur produit de son temps (fin 1990's) avec des vampires en meutes trop sûrs d'eux et symboles d'une jeunesse rebelle bousculant les traditions et statu-quo (Deacon Frost en est l'exemple parfait), le film Blade est mieux et plus profond qu'il en a l'air.
Notamment parce que les vampires ne sont pas tous de bêtes prédateurs, certains considèrent qu'une coexistence interdépendante est possible et on a aussi une fable sur le vampire = prédateur capitaliste.
Wesley Snipes reprend l'archétype du héros de film de blackspoitation ou du chasseur de primes avec pardessus, et il a la classe en chasseur de vampires. À la base, le perso de comics paraissait un peu ridicule avec ses lunettes de protection en verre et son couteau en bois. Là, il est juste cool et plus crédible avec son arsenal (balles en argent, lampe UV et sérum anticoagulant qui fait exploser les vampires).
Autant l'acteur qui joue Deacon Frost en fait parfois des caisses, autant son perso peut se montrer inquiétant et prédateur (quand il tue Dragonetti et veut devenir le vampire ultime grâce au rituel de la Magra).
Heureusement que le film n'utilise pas trop de CGI, même si ça va avec les vampires qui tombent en poussière. Même les âmes des anciens vampires purs sang ont encore bien vieilli.
Sachez qu'on a échappé à une Magra en mauvaises CGI de huit mètres de haut et à un Decoy "mal découpé" (bien qu'on soit privé d'un Morbius version 1998).
D'ailleurs, les scènes dans le temple des vampires et les analyses scientifiques sur le vampirisme sauvent aussi le film d'un côté un peu nanardesque (la VF aussi en retraduisant la réplique de Blade à la mort de Decoy).
Quand Blade est trahi par sa mère et piégé pour permettre le sacrifice pour la Magra, la symbolique est puissante : celle du chasseur maudit obligé de se défaire de ses sentiments et de se mettre au niveau de sa dangereuse proie pour mieux la détruire ...
Blade est donc le meilleur dans se partie et avec lui, la guerre contre les vampires ne fait que commencer.