Ma critique vidéo sur Blanche-Neige
Apporter un remake live en 2025 du tout premier long-métrage d’animation datant de 1937 n’est pas une mauvaise idée à la base. Le problème, c’est que Disney a montré au fur et à mesure du temps que les remakes lives ne sont là que pour surfer sur le succès de leurs anciens dessin-animés et s’attirer les foudres pour qu’on parle de leurs films, et cette nouvelle version n’a pas manqué. Plusieurs articles sur Rachel Zegler et ses propos sur le film, plus des rumeurs de changement ont provoqué les foudres d’internet au point que beaucoup appelaient déjà au boycott. Enfin, quand on a une place gratuite, on se dit que c’est rassurant de ne pas avoir payé pour un nouveau remake live encore raté mais moins pire que d’autres sortis précédemment. C’est loin d’être bon et Disney aura (encore) réussi l’exploit de prendre un réalisateur pour en faire ce qu’ils veulent (après Robert Zemeckis, Marc Webb) mais il y a réellement des points qui font que ce long-métrage est moins pire que d’autres remakes lives disney, et ce même si il reste mauvais.
Cette critique essayera de ne pas comparer avec le dessin-animé, même si la tentation est bien grande (et ce malgré 88 ans de différence)
Positif
Blanche-Neige (Rachel Zegler) est une ancienne princesse réduite en servante mais qui garde sa grande bonté comme ses parents lui ont enseigné par le passé. C’est une femme qui continue de croire en la bonté et le partage malgré les conditions désastreuses du royaume, et c’est pas si mal. Franchement, cette Blanche-Neige n’est pas une si mauvaise version du personnage, le coup de la princesse déchue qui veut revenir pour son peuple alors qu’elle fuyait par peur, c’est déjà vu mais ça se tient tout en donnant une version pas trop mal du personnage. Après, ce n’est pas dur de se démarquer du lot qu’on a mais c’est tout de même une assez bonne protagoniste.
Jonathan (Andrew Burnap) est le chef d’une guilde de voleurs et il cherche à voler de la nourriture afin d’aider le peuple. En tombant sur Blanche-Neige et sa bonté, il va finir par réveiller un autre aspect de sa personnalité qu’il pensait éteinte. Ce n’est pas un personnage marquant mais il se tient ici, même si il manque de développement et qu’il rappelle Flynn Ryder mais en beaucoup moins bien.
Les Nains, Prof, Grincheux, Joyeux, Dormeur, Timide, Atchoum et Simplet sont sept nains qui vivent dans leur petite maison et travaillent toute la journée dans la mine. Ils sont plutôt attachants par leur personnalité, même si la moitié d’entre eux ne se retient pas trop. Simplet étant celui qui se démarque le plus et le plus attachant.
- La reine (Gal Gadot) est une reine arrivée peu de temps après la mort de la Reine qui a séduit le roi et pris le pouvoir afin de tout contrôler à sa guise. Elle cherche à rester la plus belle et la plus pure du royaume. Très vénale, antagoniste pervertie par ses désirs, c’est pas trop mal. Avoir une femme prête à tout pour rester la plus belle, même si c’est difficile de croire qu’elle est encore pure avec ce qu’elle a fait, ça se tient.
- Le long-métrage démarre par la naissance de Blanche-Neige avec la justification de son nom (on y reviendra) et qui vit avec ses parents qui la préparent à gouverner avec leur mentalité à eux, une introduction plutôt pas mal. Ça donne envie d’en savoir plus sur le moment où ça a dérapé et sur la manière dont Blanche-Neige va finir.
- En terme de symbolisme, on a des idées intéressantes en fonction de certains éléments. Son père pour Blanche-Neige ainsi que sa façon de gouverner, le miroir et Blanche-Neige pour la Reine, le pendentif de Blanche-Neige… Bref, on a des éléments de symbolisme intéressants ici.
- En terme d’évolution, tout le monde évolue grâce à Blanche-Neige et Blanche-Neige évolue par rapport à la vraie nature de la reine et de la vérité qu’elle apprend. En vrai, ça passe ce genre d’évolutions, même pour Blanche-Neige qui veut ramener cette mentalité de penser à tout le monde.
- La relation entre Blanche-Neige et Jonathan se développe d’une manière assez intéressante. Les deux se rencontrent au palais et leurs interactions va faire en sorte qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre petit à petit, c’est assez bien développé.
- Évidemment, le message le plus évident est celle de la beauté intérieure et qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Même si les messages sont simples, il faut reconnaître que ce sont des bons messages à retenir pour les enfants.
- La majorité des effets spéciaux ne sont pas si mal. Sans être parfaits sur tous les plans, la majorité s’en sortent pour convaincre les spectateurs. Après, ce ne sont pas les plus beaux qu’on ait vu non plus.
- Question décors, il faut reconnaître qu’ils sont assez sympathiques. Quel que soit le lieu qui nous est montré, on a le droit à des décors assez sympathiques dans l’ensemble, ça fait un peu plaisir.
- Les costumes ont l’air assez sympathiques. Que ce soit la tenue de Blanche-Neige, de la Reine ou des habitants du royaume, il faut reconnaître que les costumes sont assez réussis.
- Autant les chansons sont discutables, autant les musiques instrumentales s’en tirent un peu mieux. On a des musiques qui arrivent à bien raconter ce qui se passe à l’image.
- La fin fonctionne, sans être d’une grande qualité, c’est une fin qui marche pour l’évolution de Blanche-Neige et conclure après tout ce qui s’est passé.
Négatif
- On ne va pas se mentir, certains moments nous montrent trop facilement les fonds verts. Par exemple, pendant la chanson de Blanche-Neige et Jonathan, on voit trop les fonds verts quand ils sont collés l’un à l’autre en champ contre champ. C’est un détail mais ces fonds verts ne devraient pas être si visibles en 2025, surtout quand les effets spéciaux s’en sortaient pas si mal. Tout comme les visuels des nains qui sont vraiment dégoûtants, c’est incroyable comment ça pique les yeux.
- Et si notre protagoniste avait une nouvelle mère qui arrive après la mort de sa mère pour épouser son père, faire disparaître celui-ci et accéder au pouvoir en réduisant sa belle-fille en simple servante ? Comment ça c’est du déjà-vu ? Cendrillon vous dites ? Juste pour le début. Si réinterpréter Blanche-Neige signifie de lui faire une origin-story similaire à Cendrillon, ce n’est pas très original…
- Le jeu d’acteur est mitigé. Rachel Zegler s’en sort très bien dans son rôle mais le reste, c’est une autre histoire. La plus critiquée étant Gal Gadot qui n’est pas convaincante en reine et c’est un petit peu vrai mais elle a tout de même quelques expressions (juste que sa voix française est bien meilleure). En tout cas, la majorité du jeu d’acteur est peu convaincant.
- Connaissez-vous la raison du pourquoi Blanche-Neige s’appelle ainsi ? Si ? Et bien, même si c’est le cas, on va éviter de spoiler les quelques personnes qui ne seraient pas au courant, même si ça reste une justification bien nulle (PARTIE SPOIL pour plus de détails).
- Marc Webb aurait-il décider de ne pas faire de mise en scène ? C’est possible car la mise en scène est assez classique et pas du tout marquante, malgré un ou deux plans réfléchis. Mais bon, on a connu Marc Webb avec une bien meilleure mise en scène que ça.
- On a parlé de quelques bons personnages mais les autres sont oubliables. Que ce soit la bande de voleurs de Jonathan, le capitaine de la garde de la reine ou même le chasseur, tous sont rapidement oubliés car ils n’ont rien à raconter.
- Disney, même si vous vous adressez à des enfants, c’est insultant de voir que vous mettez et dites l’antidote de la pomme empoisonnée pendant sa confection. Vous auriez pu essayer de jouer la surprise afin de renforcer votre message.
- On a parlé des fonds verts mais pas du miroir qui est un peu critiquable. Il n’est pas des plus hideux mais on a l’impression que les FX ont été un peu difficiles avec lui, non ? Tout comme pour les nains qui sont vraiment hideux.
- En sachant comment ça va se terminer, on aurait pu se dire que la Reine aurait une vraie confrontation, mais non. D’ailleurs, elle a beau avoir une fin plutôt classe, c’est la manière dont elle y arrive qui ne marche pas.
- Les moments d’humour qui sont tentés sont ratés. Ces moments sont surtout avec les nains et ils ne sont jamais drôles. Certes, il y a peu de blagues dans ce long-métrage mais ça reste des blagues nulles.
- L’émotion n’est pas convaincante. Même si Simplet est presque touchant à un ou deux moments, l’émotion n’est pas du tout réussie. Aucun moment n’est réellement touchant dans ce long-métrage.
- La tension est inexistante. Sincèrement, la tension ne fonctionne jamais pour quelque personnage que ce soit. Même certains moments qui auraient pu frôler la tragédie ne marchent pas.
- Il y a un passage avec une chouette qui attaque Blanche-Neige et qui est légèrement trop surcuttée. Il s’agit d’un seul passage mais ce passage est réellement bizarre en terme de montage.
- Disney s’est dit qu’il fallait faire des nouvelles chansons en plus des anciennes, et que c’est nul ! En dehors de « il suffit d’un souhait », le reste du nouveau registre musical est mauvais.
- On est d’accord que le scénario est assez prévisible ? Même sans connaître le dessin-animé ou le conte d’origine, le scénario est réellement assez prévisible à deviner la plupart du temps.
!!! PARTIE SPOIL !!!
Blanche-Neige s’appelle ainsi car elle est née pendant une tempête de neige, alors ses parents ont décidé de la nommer par rapport à la survie dans la tempête, ce qui n’a pas de sens. A la base, Blanche-Neige a le teint si blanc qu’elle est appelée Blanche-Neige mais bon, admettons que ce soit vraiment pour être née pendant la tempête de neige, vous auriez du lui donner le nom de la tempête (et c’est pas Blanche-Neige, ça ne sonne pas tempête). Là, ça donne juste l’impression que ses parents voulaient l’appeler Neige, mais qu’ils ont vu le blanc de la neige et ont rajouté le Blanche avant. Qu’on sache ou pas la vraie raison du pourquoi Blanche-Neige s’appelle ainsi à la base, c’est une justification nulle apportée au dernier moment dans cette nouvelle version.
Quand les soldats retrouvent la raison grâce à Blanche-Neige, la Reine tente de la tuer mais se fait désarmer par un des voleurs avec une arbalète. Qu’est ce qui l’empêchait de refaire une dague du même genre par magie et de retenter sa chance ? Surtout que l’arbalète met du temps à se recharger. La reine part donc demander à son miroir qui a beauté parfaite et pure et le miroir répond Blanche-Neige pour sa beauté intérieure, ce qui l’énerve et lui fait briser le miroir dans lequel elle se fait aspirer. La nouvelle mort de la reine est classe et moins traumatisante que celle du dessin-animé mais elle aurait mérité un meilleur moyen d’y parvenir, elle maîtrise la magie et des potions purée, il y avait de quoi faire !
Ici, les nains ont le pouvoir d’illuminer la caverne des diamants avec leurs mains brillantes, et ? Et rien, ça fait joli et ça peut être utile dans leur travail mais ça n’apporte aucun intérêt scénaristique de savoir ça.
Au final, Blanche-Neige est un nouveau remake live raté qui n’a pas de réel intérêt à être vu malgré qu’il s’en sort un tout petit peu mieux que ses prédécesseurs. On a des effets spéciaux corrects, des décors d’assez bonne facture, des costumes travaillés et des musiques pas trop mal. Après, la plupart des personnages s’oublient, les nouvelles chansons sont nulles, la mise en scène est beaucoup trop simple, les nains sont dégoûtants visuellement et le jeu d’acteur est assez mitigeant. Donc non, Blanche-Neige n’est pas une exception à la règle et rejoint cette lignée des remakes lives disney mauvais et dispensables. La tentative de moderniser la plus ancienne des princesses Disney partait peut-être d’un bon sentiment à la base mais l’exécution ne vaut clairement pas le détour au cinéma.
Et dire que le prochain sera Lilo et Stitch, pour lequel la plupart ont envie de croire en plus...