Chaque année, me voilà à pouvoir rajouter une pierre à mon gant de la culture synthwave/ eighties revival (appelez ça comme vous voulez). Il y a eu Kung Fury, Commando Ninja, voilà maintenant Blood machines sur un terrain un peu différent.
Blood machines, c'est un clip de cinquante minutes. Globalement c'est un bon résumé je trouve.
je ne peux que saluer la performance artistique du moyen-métrage. Tout ce qui se fait de plus beau en univers néon et fluo a ici été développé, d'une qualité bien supérieure aux FX pourtant très jolies des scènes spatiales du MCU. Les designs des vaisseaux sont originaux, avec un ton presque jeu de rôle SF, l'esthétique globale est très bien pensée, et certaines scènes forment de magnifiques tableaux (à ne pas mettre en photo de profil Facebook néanmoins, on connait la pudibonderie du réseau)
En effet, Blood Machines a aussi un côté érotique qu'on ne peut occulter, mêlé à une fascination d'apparence sataniste, tout dans la provoque artistique, mais surtout dans les règles de l'art de la culture darksynth. Bien qu'il soit avant tout un film de SF, Blood Machines est surtout la concrétisation cinématographique de cette darksynth, le pendant sombre et malsain de la synthwave.
A ce titre, Carpenter Brut s'est surpassé à la musique, offrant là ses meilleures compositions à travers un mélange entre son style et celui de son compatriote Perturbator.
Le défaut du film réside malheureusement là-dedans. L'esthétique excellente, la BO parfaite et la synergie entre les deux éclipsent totalement le reste, à savoir un scénario extrêmement dense qui aurait eu besoin de plus de temps pour se mettre en place. Les seuls moments de répit sont les partitions en chapitres, qui bien qu'étant une bonne idée, coupent parfois radicalement le rythme. Il n'est donc pas évident de suivre l'histoire globale. ça tombe bien diront certains, on s'en tape un peu. Et ils n'auront pas entièrement tort!
Blood Machine a été pensé comme un clip, ou du moins se ressent comme tel. Un clip de cinquante minutes sans censure ni consensualité, supporté par une musique puissante et une imagerie parfaitement sublimée. Les enjeux du scénario transparaissent parfois à travers quelques scènes, mais la réalisation est telle que l'histoire souffre de la comparaison avec les qualités du moyen-métrage.
Après tout, de la nudité gratuite, un gros flingue, des vaisseaux, des couleurs psychédéliques, de la bonne musique et une certaine dose d'imagerie sataniste, n'est ce pas ce que réclame le public?
*un certain public on va dire ;)
* edit d'avril 2024: après l'avoir revu, et m'être rappelé que j'en parle toujours comme un de ces films qui a marqué mes dernières années ciné, je dois prévenir qu'il passera à 9/10 lors de la refonte de mon classement final. C'est sans doute devenu un de mes films préférés, au-delà de ses petits défauts qui s'effacent visionnage après visionnage. Par contre il se fait défoncer sur Letterboxd.